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 Entretien d'embauche mouvementé ft. Mateusz Bishop

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MessageSujet: Entretien d'embauche mouvementé ft. Mateusz Bishop   Mer 24 Fév - 5:03



Mateusz & Priya
Entretien d'embauche mouvementé
« Priya ! Que fais-tu encore comme boucan dans ta chambre ? Il est trois heures du matin ! » Une femme d'âge mûr tambourinait férocement le poing contre la porte derrière laquelle s’échappaient des bruits étranges. Son visage avait les traits tirés par la fatigue et l'agacement, ses longs cheveux ébène, qui étaient habituellement si strictement coiffés, ressemblaient à une affreuse crinière de loup-garou. Effrayant. « Tu vas m'écouter ?! » Peine perdue. Une puissante détonation retentie, faisant vibrer la demeure toute entière. La femme tira sa baguette de sa robe de chambre et fit sauter la porte. Un épais nuage verdâtre et malodorant s'échappa du grenier dans lequel se situait l'action. « Halte, sors de là ! » S'exclama quelqu'un, au fond de la pièce, sur un ton sévère. « J'ai fini ... Pas la peine d'en faire tout un plat » Une jeune femme, vêtue d'un pyjama qui semblait avoir vécu la guerre, était assise en tailleur. Devant elle, un chaudron encore fumant laissait entendre des gargouillis peu rassurants. « Tu ... Tu ... Qu'est-ce que c'est ? Tu fais une potion, à cette heure ?! » La belle Priya préféra ne pas perdre son temps à répondre à une question si évidente, elle se contenta de touiller son étrange breuvage. La matrone leva les yeux au ciel en laissant filer un juron. Qu'avait-elle fait pour mériter pareille descendance ? Elle quitta en trombe la pièce, pour aller probablement passer ses nerfs sur son mari. Pauvre homme. La soirée allait être longue.

La nuit avait laissé place au jour. La demeure de la famille Shafiq était calme, beaucoup trop calme. Cinq personnes étaient assises autour d'une table pour le petit déjeuner. Aucun son ne sortait, comme si aucun d'entre eux ne souhaitait ressasser les évènements de la nuit, de peur de s'attirer les foudres de la matriarche encore bien remontée. Une place était encore vacante à cette table ... Mais où se trouvait le membre concerné ?

Dans un quartier plus loin, l'ambiance était bien différente. Les passants, des moldus, faisaient des allés et venus dans Union Street, sans se prêter la moindre attention. La ville était en ébullition. Là, dans un immeuble de style typiquement anglais, une jeune sorcière avait créé son entreprise de détective privé. D'aspect extérieur, ça ne payait pas de mine, une simple enseigne en bois indiquait la présence du cabinet, mais une fois à l'intérieur, l'ambiance était toute autre. Évidemment, aucun moldu ne pouvait voir ses bureaux. Heureusement pour eux.

Quand on passait le pas de la porte, la pièce principale ressemblait à la jungle amazonienne. Une multitude de plantes exotiques vous emportait dans les îles tropicales, des gazouillis d'oiseaux accompagnaient doucement l'environnement pour le rendre plus crédible. Quelques chaises étaient posées contre les murs, comme perdues au milieu de la flore. Il était toujours difficile pour les premiers arrivants de trouver le bureau de la propriétaire des lieux, à moins d'user de la magie, pour les plus pressés. Au fond, cachée un palmier, on pouvait entrevoir une porte, recouverte de lianes et d'orchidées, derrière elle se trouvait la porte du bureau du détective.

« Qu'est-ce que c'est que ça ... » Priya était installée à son bureau, affalée dans une espèce de gros fauteuil club. Ses prunelles sombres étaient en train de parcourir en diagonale une lettre qui lui avait été envoyée la semaine dernière et qu'elle n'avait pas pris la peine d'ouvrir. Il fallait avouer que le bureau de la jeune enquêtrice ressemblait trait-pour-trait à la pièce principale, sauf qu'au lieu d'être remplis de plantes diverses, une multitude de papiers recouvrait les murs, souvent reliés par des fils rouges, et une montagne de lettres attendait dans un coin du bureau pour être examinées. Ces lettres étaient, dans la majorité, des demandes d'enquêtes. Faute de temps et de personnel, Priya devait souvent prioriser, les délais d'attente étaient souvent très longs. « Ah ah ... » Murmura-t-elle entre ses lèvres. « Intéressant » Dans cette lettre, un inconnu lui demandait un rendez-vous pour un entretien d'embauche. Un sourire vint mourir dans le coin de sa  bouche. Un entretien ? Elle qui ne cessait de se dire, depuis quelques semaines, qu'un employé ne serait pas de refus, surtout par les temps qui courent. Elle avait justement demandé, il y a quelques jours auparavant, à une de ses connaissances qui travaillait à la Gazette du sorcier, de publier une proposition d'emploi à la fin du journal, pour ceux qui seraient intéressés par un poste. Priya posa la lettre pour s'étirer longuement. La sorcière n'avait pas encore répondu à la lettre que quelqu'un toqua déjà à sa porte. Surprise d'avoir un client de si bon matin, la jeune femme fit glisser le morceau de parchemin dans un tiroir en se jurant d'y répondre plus tard. « Oui ? Entrez ... » La jeune femme agita rapidement sa baguette, pour ranger les quelques papiers qui trainaient encore sur le sol jonché de plumes de hiboux.

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MessageSujet: Re: Entretien d'embauche mouvementé ft. Mateusz Bishop   Lun 29 Fév - 11:38


Entretient d'embauche mouvementé
Priya & Mateusz



Sa vie manquait d’initiatives, de passions, de buts. Depuis sa convalescence, Mateusz s’était enfermé dans une routine faite de silence et de solitude dans laquelle il se complaisait malgré lui. Cette inaction, ce manque de mordant, était peut-être quelque part rassurant voir sécurisant et pourtant une part de lui ne s’en satisfaisait pas pleinement. Il avait accepté qu’une certaine forme d’ennui l’accompagne depuis longtemps, pas particulièrement ambitieux il s’était ennuyé lors de sa carrière professionnelle au ministère ou il jugeait pourtant non-nécessaire de grimper les échelons, se contentant de faire le plus correctement possible le travail qu’on lui avait donné. Il était minutieux, particulièrement bon dans ce qu’il faisait, organisé et consciencieux et on appréciait ses qualités, mais il manquait terriblement d’imagination et n’avait jamais jugé bon d’aller plus loin. Pourtant il se levait avec un but, se couchait avec des objectifs, et cela l'avait satisfait pleinement. Quand il avait rejoint la résistance sa vie avait été bouleversé et bien qu’il suivait toujours une certaine forme de routine une dose d’adrénaline le portait au moment même ou le matin il ouvrait les yeux. Que restait-il de tout ça ? Rien. Mateusz se laissait porter avec cette envie de rien qui lui collait à la peau. Il refusait l’aide, se sentait brusquer quand on cherchait un peu trop à le secouer, usait plus que jamais son cynisme légendaire pour se défendre et durant des mois avait refusé de sortir de la maison de sa sœur chez qui il avait élu domicile. Mais depuis quelque jour les choses avaient changé.

Un espoir, un simple espoir avait soudainement modifié la donne. Un matin il s’était réveillé avec un objectif et le destin lui avait donné raison. Mateusz avait foncé tout droit vers le ministère dans le but très concret de mettre au fer Fergus Yaxley. De rouvrir le dossier, qu’on le juge une seconde fois et que cette fois ci aucune faute ne soit commise dans le verdict. Il était coupable, son ancien collègue et ami était coupable et c’était en partis à cause de lui qu’aujourd’hui il traînait derrière lui une jambe invalide et un visage balafré, il ne le lui pardonnerait jamais. L’ancien Gryffondor s’était alors convaincu qu’il poursuivrait cette quête jusqu’à avoir gain de cause, il tenait sa vengeance au goût de justice. Il n’avait jamais été question de s’en charger lui-même, trop de lois et de principe gouvernait son esprit pour que la colère le guide vers la résidence de Fergus baguette en main. Non, il voulait voir cet homme la humilié et envoyer à Azkhaban, le seul endroit où il était en droit de respirer. Winona Crane lui avait promis qu’elle l’aiderait tout en gardant un certain recul sur l'affaire, lui avait assuré que si il réunissait assez de preuves elle en toucherait deux mots à Barty Crouch. Il avait compris qu’il n’obtiendrait d’elle que des miettes et qu’il allait devoir lui seul reconstruire tout un puzzle et monter un dossier incontestable pour remporter la mise. Enfin, seul… C’était à voir. Ce matin, il était bien décidé à demander un peu d'aide.

Planté devant un grand bâtiment victorien, Mateusz faisait tourner entre ses doigts un petit carton blanc où on pouvait lire sobrement « Priya Shafiq, détective privée pour sorciers » suivit de l’adresse où on pouvait la consulter. De cette Priya il ne savait trop rien, il avait souvent entendu Arthus, son beau-frère, pesté contre elle et c’est bien pour cette raison qu’elle avait attiré son attention. Il en fallait beaucoup pour que l’auror se plaigne ouvertement de quelqu’un, et bien qu’elle fasse manifestement du bon boulot pour le ministère, ses manières n’étaient pas en adéquation avec les règles très carrés imposé par l’établissement. Tant mieux, c’est ce que Mateusz recherchait. Il avait depuis un moment perdu toute confiance en le système mis en place, tout ce qu’il souhaitait c’était que le résultat soit là et soit le bon, qu’on use de tous les moyens pour arriver à la bonne conclusion, il n’en était pas gêné. Sans plus attendre il traversa la route et s’engouffra dans la bâtisse.

Chaque marche semblait sur le point de s’écrouler quand il la foulait avec difficulté. La structure de l’escalier était bringuebalant et son ascension complexe, sa jambe défectueuse lui causant bien des soucis et il grimaçait en forçant l’effort. Tout transpirant sous son épais blouson en cuir, la poussière lui montant au nez à chaque mouvement. Heureusement le cabinet se trouvait au premier étage, il était loin de se douter qu’il n’était pourtant pas au bout de ses surprises.

En poussant la porte, il découvrit une jungle, un jardin botanique ou quelques curieux et intéressés se serait volontairement perdu pour en découvrir chaque détail qui s’avérait au premier coup d’œil passionnant. Mais Mateusz n’était pas de ce genre, il ne s’adonnait pas à la contemplation et n’était pas particulièrement sensible à cette poésie, aussi traversa t’il ce parcours du combattant tout en commençait à perdre patience. L’agacement le titillait vilement et sa jambe aujourd’hui était particulièrement douloureuse, lui filant des maux de crânes dont il se débarrassait à gorgé de potion que lui avait préparé sa grande sœur, il craignait d’être de très mauvaise humeur quand il arriverait enfin à trouver le bureau de la détective privée. Aussi tacha t'il de prendre une longue respiration avant de frapper à la porte de cette dernière qu’il devina enfin derrière un imposant palmier. Le climat tropical de l’endroit n’arrangeant rien à son problème de transpiration, il passa une main moite sur son front avant de toquer quelque coup furieux contre le battant. Une voix féminine le pria d’entrer, il ne la laissa pas le répéter deux fois.

« Intéressant tout votre bazar. » Dit il sans préambule avec une amertume qui trahissait son ironie, désignant vaguement la forêt dans son dos, se dégageant de son blouson encombrant avant de s’intéresser enfin à la femme qui lui faisait face, sûrement la secrétaire. Par Merlin, encore une étape de plus à franchir ! « Je voudrais voir Priya Shafiq. » l’avertit-il en glissant son vêtement sous son coude avant de passer une main dans sa nuque endoloris. Il sentit alors comme une gêne, une contrariété, et instinctivement alors qu’il la détailla, du bout des lèvres il réalisa pour lui-même. « Ah. C’est vous. »

Qu’elle était jeune. Il ne s’attendait pas à ça. Quand Arthus parlait d’elle il avait imaginé une sorcière un peu loufoque se dirigeant doucement vers la quarantaine, certainement pas une fillette tout juste sortis de l’école et qui devait avoir quoi, cinq ans, sept ans de moins que lui ? Et il allait lui demander ses services ? A elle ? Son ego en prenait sévèrement un coup et il ne put s’empêcher d’avoir un rictus en lui avouant « Je dois dire que je ne m’étais pas particulièrement renseigné sur… Enfin à quoi vous ressembliez. Mais bon, on vous dit compétente. » L’entrée en matière était un brin désastreuse, Merlin seul savait ce que le destin leur réservait à tous les deux.
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MessageSujet: Re: Entretien d'embauche mouvementé ft. Mateusz Bishop   Lun 29 Fév - 19:45



Mateusz & Priya
Entretien d'embauche mouvementé


Un sorcier entra dans la pièce. Cette créature fragile semblait tout droit sortie d'un champ de bataille. Mine fatiguée, démarche approximative, regard vide. Priya eut l'impression d'avoir déjà vu ce jeune homme quelque part, mais cette idée s'enfuit assez vite de son esprit, surtout lorsque ce dernier fit une remarque plutôt amusante sur la décoration de l'entrée. Un sourire vint se fondre dans le coin de ses lèvres charnues. Un petit marrant, intéressant. Shafiq examina le nouvel arrivant avec un intérêt non dissimulé, les bras croisés contre sa poitrine, le dévisageant sans vergogne, de la tête aux pieds. Misérable. Que venait-il bien faire ici ? « Je voudrais voir Priya Shafiq. » La détective sentit son sang s'échapper de son corps. Une veine au niveau de sa tempe se mis à apparaître, signe d'une importante contrariété. Pour qui l'avait-il pris au juste ? Une vulgaire assistante ? Ses lèvres se pincèrent légèrement. Le visiteur remarqua l'impact de sa phrase, il tenta de se rattraper, vainement, avec un minable jeu de mots. Amateur. Il ne semblait pas savoir qui était la personne qu'il avait face à lui. L'inconnu avait l'air éreinté. Il prit l'initiative de tirer un fauteuil pour s'installer, Priya l'arrêta d'un signe de main. « Que faites-vous ? Je ne vous ai pas autorisé à vous poser » Un grand blanc pris sa place dans la conversation. Les deux sorciers se foudroyèrent du regard. Soudain, le visage de la belle se transforma en une expression de fausse douceur, un délicat sourire affichant ses dents parfaitement blanches. « Je plaisantais » Commença-t-elle, sur un ton amusé. « Je ne vais pas interdire à un infirme de s'asseoir. Ce serait cruel de ma part ... Faites donc, mettez-vous à l'aise ... » L'élément indésirable de ce début de journée pris enfin la peine de s'asseoir.

Quelqu'un toqua à la porte. « Oui ? ». Quelqu'un ouvrit la porte, c'était Thomas. « Ah ... C'est toi ». Thomas Cromwell était sa bête noire, son ennemi juré. Ils avaient partagé la même classe à Poudlard, Priya s'en souvenait encore amèrement. Depuis quelques années, cet imbécile s'était mis en tête que lui et la jeune femme pouvaient faire équipe, dans cette entreprise de détective privé. La sorcière avait toujours refusé, consciente que la présence de cet être abjecte ne pouvait être qu'un frein dans sa vie professionnelle. « Tu es disponible ? » Pas le moindre "bonjour", pour ne pas déroger aux bonnes habitudes. Priya le fixa bêtement, puis lui répondit sur un ton sec. « Pourquoi ? J'ai l'air de faire un élevage de veracrasse ? » Bam, les hostilités étaient en marche. Tandis qu'un animal gras et poilu se dirigeait discrètement en direction de la jambe de l'inconnu estropié, la détective continuait d'enchaîner l'incruste. « Écoute, je te l'ai déjà dit la semaine dernière, ça ne m'intéresse pas, tu peux partir ... » Thomas claqua la porte derrière pour s'installer sur le bureau. Carrément. Il faisait face à Priya, qui s'était reculé pour éviter d'avoir son entre-jambe devant les yeux. « J'ai vu ton annonce, j'accepte ! » La sorcière l'observa, l'air hébétée. « Qu ... Quoi ? » Gladstone, un bouledogue anglais dans toute sa splendeur, vint se poser contre le mollet de l'invité. Il observait la scène avec ses yeux fatigués. « Arrête tout de suite, je n'ai pas besoin d'un imbécile comme toi, je préfèrerai encore avoir un estropier à la place. Et puis ta résistance physique est moindre, il me faut quelqu'un de costaud qui n'a pas peur de moi au bout de deux jours, sinon ça ne sera pas rentable » La jeune avait fait cette remarque car, à chaque fois qu'elle avait fait équipe avec quelqu'un, même au ministère, ça s'était mal fini. Jamais de décès, heureusement. Blessures, empoisonnement, écrasements. Rien de bien méchant au final. Mais cela lui suffisait pour avoir une sacré réputation. « Tu as besoin de moi, tu le sens au fond de toi »

Priya se frappa le front avec la plante de sa main. Qu'avait-elle fait pour qu'un tel imbécile lui colle aux basques ? Il fallait faire un peu de ménage. La sorcière se leva pour faire le tour du bureau, elle fit face à son premier invité, le jeune homme qui s'était moqué d'elle auparavant. « Je ne fais pas dans le sauvetage des rescapés de guerre, donc je vous conseille de faire appel à l'association Sorciers sans Frontières, ils seront plus aptes à vous aider dans vos démarches » Encore une pic, elle n'arrêtera donc jamais. « Tu fais dans l'humanitaire maintenant ? » Lança Thomas sur un ton ironique tout en dévisageant le sorcier comme s'il n'était qu'un vulgaire excrément de sombral. Gladstone, qu'on n'avait pas entendu depuis le début de la scène, avait commencé à lever sa patte contre l'estropié pour se soulager contre sa jambe. Pauvre homme.

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MessageSujet: Re: Entretien d'embauche mouvementé ft. Mateusz Bishop   Sam 5 Mar - 12:10


Entretient d'embauche mouvementé
Priya & Mateusz



Sans discrétion Mateusz continua de détailler la jeune femme, tachant d’effacer au rythme de la découverte de ce nouveau visage celui qui lui avait prêté jusqu’alors, loin d’être aussi flatteur que ce à quoi elle ressemblait réellement. Toujours aussi troublé par la jeunesse de ses traits, l’ancien Gryffondor tentait de se convaincre de ne pas faire demi-tour. Elle pouvait être compétente, elle pouvait être efficace, ce n’était pas incompatible avec son âge ni son sexe malgré ses aprioris. Il s’était toujours senti supérieur face aux personnes plus jeunes que lui, c’était en soi un peu idiot, juste une question de numéro, n’empêche qu’il n’avait jamais évolué sur la question malgré le temps qui avait passé et quelqu’un de plus jeune dans sa tête était forcément plus faible. Malgré que cela sonne terriblement mal c’était loin d’être une chose négative dans son esprit dans le sens ou selon lui, dans l’ordre des choses, il avait comme le devoir de protéger ces personnes-là, de leur transmettre quelque chose et de veiller sur elle. Certainement pas le contraire. Alors qu’une personne plus jeune soit au-dessus de lui, hiérarchiquement parlant, le perturbait alors au plus haut point. Passé l’incompréhension, il y avait aussi et surtout un brin d’envie. Si la personne était là, la logique voulait qu’elle soit douée. Se sentant alors diminué dans son rôle de soi-disant de protecteur, d’ainé, et tout ce qui suivait, il se montrait un brin acerbe et méfiant devant la personne qui lui faisait face et qui quelque part avec piqué une partie de son travail.

Il l’avait froissé dans son orgueil, inutile d’être observateur pour constater que sa remarque ne lui avait pas plus. Il ne s’en formalisa pas spécialement, n’étant pas de ceux qui revenaient sur ses mots il n’était pas question de s’excuser. Mieux valait-il qu’elle soit préparée au personnage après tout, loin de lui l’idée d’imposer quoi que ce soit, seulement si ils étaient amenés à travailler ensemble -oui, toujours l’idée qu’elle travaille pour lui ne lui convenait pas et il préférait clairement mettre son nez dans cette affaire plutôt qu’elle gère cela seule, aussi utiliserait il maintenant le terme « ensemble » même si le deal n’était pas encore conclut – il était préférable qu’elle sache un peu qui il était. Relevant la tête quand, alors qu'il tirait une chaise à lui, elle lui lança d’un ton sec qu’il n’y était pas invité, il la dévisagea en arquant légèrement un sourcil. Pour qui se prenait-elle ? Il sentit son corps se crisper doucement, la colère ressentit tantôt était loin de s’être dissipé et sans doute la moindre petite remarque pouvait la réveiller. Il perdait bien rarement le contrôle de lui, son arme préféré c’était ses mots acerbes et certainement pas ses poings, il laissait toujours le luxe a ses interlocuteurs de perdre les pédales en premier mais aujourd’hui peut être que les choses allaient changer. Quand dans un sourire faux elle l’informa qu’elle plaisantait, bien sûr, qu’elle n’aurait pas le cœur à laisser un infirme debout et qu’il pouvait évidemment prendre place, ce fut officiel, les hostilités étaient lancées. « Trop aimable. » Se contenta-t-il de répondre avec acidité, tirant la chaise à lui et trop content de s’asseoir pour rajouter quoi que ce soit d’autre. Par Merlin pourquoi cette jambe était-elle si encombrante aujourd’hui ? De nouveaux maux de tête vinrent l’épingler et alors qu’il cherchait sa petite fiole pour le faire passer aussi vite qu’ils s’étaient à nouveaux invités, un type avec encore moins de manières que lui se permît d’entrer dans la pièce.

Dans un premier temps il l’ignora, tout en gardant évidemment une oreille sur la conversation. Seulement il ne se sentait pas concerné et son objectif premier était de mettre main basse sur sa potion. Pourtant il avait beau fouillé les poches de son manteau il n’arrivait pas à la retrouver. L’avait il fait tomber un peu plus tôt quand il l’avait utilisé dans le corridor ? Il imaginait déjà une plante de la jungle qui les précédait complètement groggy sous l’effet d’une substance qu’elle n’était certainement pas invitée à boire. Si l’image était amusante, la douleur lancinante occupait bien trop son esprit pour qu’il puisse en rire un tantinet. À ses pieds, un chien à l’allure risible vint frotter sa tête contre sa jambe avant d’élire domicile sur sa cheville. Ce rendez-vous prenait des allures de vieux cartoons moldus.

Celui qui s’était invité à leur petite sauterie était maintenant assis sur le bureau de la détective dans une pause aussi vulgaire que ridicule. Un coup d’œil au personnage fit comprendre à Mateusz qu’il représentait tout ce qu’il avait détesté dans sa jeunesse et qu’il continuait de maudire. Quand l’ancien Gryffondor vous classait dans une catégorie et vous rangeait dans un tiroir, difficile de lui faire changer d’opinion. Il n’aimait pas le type qui lui tournait le dos, c’était décidé. Devait-il intervenir ? Le prier d’attendre patiemment qu’il en ait fini avec celle avec qui ils en avaient a découlé tous les deux ? Il se contenta de soupirer, se calant sur sa chaise en mesurant combien elle était finalement inconfortable, jetant un coup d’œil à la fenêtre poussiéreuse à travers laquelle on ne pouvait même pas s’occuper en observant l’extérieur. Non, il sentait Priya impatiente et elle le sortirait rapidement de la salle, il ne s’en mêlerait pas, leur piaillement l’agaçait déjà assez il n’avait aucune envie d’être mêlé à leur conversation. Quand le mot « estropié » fut prononcé pourtant, se sentant visé, il alla plonger son regard dans celui de la jeune femme qui ne lui prêtait par ailleurs aucune attention. Que voulait-elle dire par là ? Qu’est-ce que c’était que cette histoire de travail par ailleurs ? Pensait-elle qu’il s’était présenté à son bureau dans l’intention de travailler pour elle ? Non, non, il lui apportait du travail, nuance, et alors qu’il était prêt à répliquer froidement qu’il devait y avoir un malentendu, Priya se redressa pour lui faire face, tenant un discours si incorrect qu’il frémit de rage. Encore une fois, pour qui se prenait cette petite garce ? Il se contenait, oh il se contenait, comme si en lui une petite alerte lui rappelait qu’il était là pour une raison et dans l’unique but de poser sur ce bureau un dossier lourd dont il avait hâte de se délester par ailleurs. Seulement il n’avait jamais franchi cette porte en pensant qu’on l’humilierait de la sorte. Et il n'était pas au bout de ses surprises…

À l’instant ou l’exécrable type balança sa remarque gratuite, le chien ignoble qui reposait à ses pieds leva sa patte et il ne tarda pas à sentir un liquide chaud imbiber son pantalon. Mateusz infligea dans un premier temps un coup de pied sec dans le ventre de l’animal qui dans un glapissement contrarié, trottina plus loin avant d’aboyer avec véhémence. Des glapissements stridents qui réveillèrent avec méchanceté ce mal de crâne dont il n’arrivait pas à se débarrasser. Ce pipi impromptu, c’était la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase. Se redressant, le visage étrangement neutre, il regarda l’homme toujours assis en travers du bureau avant de s’adresser à lui avec une étrange politesse. « Qu’est-ce que tu crois mon vieux, elle est généreuse cette demoiselle. Mais il ne faudrait peut-être pas abuser de sa patience, et encore moins de la mienne. » Sans crier gare alors, Mateusz empoigna la veste du sorcier trop surpris pour riposter et rassemblant ses forces le jeta à terre avec violence, renversant une partie des bibelots et autres feuilles dispersées sur le meuble dans sa chute. S’avançant vers le type à terre qui de toute évidence n’avait pas compris encore la situation, Mateusz se tint debout devant lui et sans réfléchir posa le bout de sa cane contre sa gorge avant de s’immobiliser, déçu d’avoir cédé par la violence et se sentant soudainement bien ridicule. Pourtant, la colère le faisait imaginer les pires des scénarios, tous cependant le ramenait au jour ou Pier Parkinson, au-dessus de lui, l’avait torturé alors qu’il était dans la même position que cet homme dont il ignorait encore le nom. Mateusz déglutis avec difficulté, donnant un coup de canne à la main du sorcier qui cherchait à trouver sa baguette dans sa poche. « C’est bon va, on ne va pas devoir aller jusque-là. » L’informa-t-il alors que l’autre ni pipait mot. Se dégageant en retournant s’asseoir alors que le chien de la détective continuait de japper et qu'il se devait de maitriser son envie de lui envoyer un coup de canne à lui aussi, il dévisagea la jeune femme en articulant. « Vous êtes bien Priya Shafiq ? La sois disant détective privé qui fais des miracles au ministère ? Parce que pour le moment je ne vois qu’une espèce de gamine puérile et un tantinet trop peu professionnel avec qui je n’ai certainement pas envie de perdre mon temps. Alors je ne dis pas, vous pouvez encore vous rattraper et je veux bien avoir encore un brin de patience pour vous expliquer ce que je fous là si ça vous intéresse un minimum de faire votre job. Et si vous pouviez nous débarrasser de ce strangulo à l’occasion, j’apprécierais » Dit-il en désignant le type qui se redressait, hésitant tout de même à mettre le chien dans le même panier. « Qu’on puisse parler de choses sérieuses une bonne fois pour toute. »

Il aurait pu le faire lui-même. Peut-être, oui. Seulement il laissait entendre que ce n’était pas son boulot. Il y avait autre chose en réalité. Depuis sa convalescence à St Mangoust, Mateusz craignait d’utiliser sa baguette pour la simple et bonne raison que cette dernière ne fonctionnait plus tout à fait correctement. Pour de sorts de bases, elle daignait répondre, mais souvent pour les situations dans lesquelles il aurait le plus besoin d’elle, elle refusait tout bonnement de répondre. Il retardait toujours son rendez-vous chez Ollivander et n’en avait touché mots aux medicomages. Après tout le vendeur de baguette l’avait informé que le bois qui formait la sienne était particulièrement capricieux, si le sorcier devenait casanier, il était impossible d’en tirer quoi que ce soit. Il ne fallait donc pas aller chercher bien loin… Quant à sa baguette de prunellier, elle était plus symbolique qu’efficace, il n’avait jamais vraiment réussi à la maîtriser en réalité et s’il la gardait toujours dans sa poche il ne s’en servait jamais.

Bref, soit Priya chassait l’inconnu, soit elle allait le prier de quitter les lieux. Soit les deux garçons seraient invités à partir ensemble, hypothèse qui ne l’enchantait guère. Et comme pour asseoir son pouvoir et montrer qu’il ne venait pas les mains vides, Mateusz posa l’épais dossier qu’il avait préparé sur le bureau de la jeune femme, ne sachant plus trop s'il espérait que sa curiosité de détective l’encourage à y jeter un coup d’œil ou s'il était tout à fait préférable qu’elle le sorte de son bureau et qu’il ne soit ainsi jamais amené à en démêler avec cette femme.
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MessageSujet: Re: Entretien d'embauche mouvementé ft. Mateusz Bishop   Dim 6 Mar - 17:00



Mateusz & Priya
Entretien d'embauche mouvementé

Pour une journée qui avait commencé de façon si banale, celle-ci prenait désormais un tournant fort intéressant. Les trois jeunes personnes, qui occupaient la scène, étaient prêtes à se sauter dessus. La tension était palpable de tous les côtés. C'était chaud. Même si elle avait l'habitude de ce genre de situation, il fallait avouer que Priya n'avait plus la tête à ça. La jeune femme à la peau basanée fixait, de ses prunelles intriguée, le sorcier à la canne. A bien y regarder, cet étranger semblait cacher de sombres souvenirs enfouis au fond de son âme. Sa présence n'était pas anodine. Il avait cherché à la contacter pour quelque chose de probablement plus intéressant qu'une simple querelle d'amants malheureux, elle le sentait. Et puis ces yeux si perçants, à la fois si mordants et si sensibles, ils avaient un certain effet hypnotisant. L'étranger avait presque réussi à lui faire oublier la présence de Thomas. Cependant un évènement malencontreux la sortit de sa rêverie. « Gladstone ! » Sacrée bête. Cet animal potelé venait de se soulager le long de la jambe de son invité du jour, ce qu'il faisait régulièrement lorsqu'il se sentait menacé. Un rictus vint creuser son visage auparavant si crispé. Bravo.

Mince ! En représailles, le sorcier, fou de rage, heurta son cher bouledogue avec son pied pour le faire dégager. Malheureux, tu ne sais donc pas à quoi tu t'attends en réagissant de la sorte ! Le sourire de la belle se mua en une grimace de colère. Il avait osé. Priya ne rétorqua rien, pour une fois, préférant rester simple spectatrice de la pièce qui allait désormais se jouer sous ses yeux. L'étranger boiteux retourna littéralement Thomas et le ramena au sol. La sorcière fut impressionnée par la rapidité d'exécution du geste, pour une personne présentant un handicap moteur il en avait sous la carapace. Ses yeux restèrent écarquillés pendant plusieurs secondes, ses lèvres entrouvertes ne laissaient passer aucun son. Dans un coin du bureau, Gladstone observait la scène en gémissant, une patte posée sur son museau comme s'il cherchait à se protéger contre ce fou furieux. Sa maitresse ne s'était même pas interposée, elle continuait de fixer Thomas en train de se faire menacer par l'arme longiligne du sorcier. Ça allait chier !

Le jeune homme à l'allure maladive semblait recéler quelques surprises, Priya le dévisageait avec un léger intérêt mêlé à de l'appréhension. Il avait l'air aussi instable qu'elle. Était-ce rassurant ? Finalement, la bagarre fut de courte durée et perdis tout son intérêt lorsque l'infirme dégagea la baguette de son adversaire. Quand les deux sorciers se séparèrent enfin, Shafiq fit tournoyer la sienne dans les airs pour réparer les dégâts commis lors de l'affrontement. Les dossiers qui étaient tombés sur le sol, et qui s'étaient éparpillés un peu partout de façon aléatoire, revenaient à leur place habituelle mais toujours aussi mal ordonnés. L'encre qui s'était échappée de l'encrier, laissant une tâche sombre sur le tapis persan haut en couleurs, au centre de la pièce, revenait petit-à-petit dans son contenant originel. Par contre, rien à faire, le grigri offert par sa grand-mère Lakshmi l'an passé s'était disloqué dans les quatre coins de la pièce. Impossible de réparer cet objet magique. Dommage. La jeune femme jeta la statuette dans sa poubelle, à contre cœur. « Bon, il serait peut-être temps de ... Stupefix ! » Soudain le corps de Thomas, qui venait de se redresser en pointant sa baguette en direction du dos de l'intriguant inconnu, se raidit et tomba au sol dans un bruit sourd, faisant sursauter Gladstone. Pauvre bête, dans quel monde de brutes vis-tu ? Priya venait de devancer son ennemi qui s'apprêtait à jeter un sort à son précédent adversaire. « Décidément, il est coriace ce bougre » Murmura-t-elle entre ses dents. « Aller, ça dégage ! Levicorpus ! » Shafiq déplaça le corps mou du pauvre Thomas Cromwell dans les airs jusqu'à la fenêtre la plus proche. Elle fit tomber doucement cette épave dans une poubelle moldue, le mêlant ainsi aux déchets malodorants. Il devrait s'y sentir comme chez lui. « Enfin tranquilles ... »

La sorcière avait écouté le discours saisissant du boiteux. Elle le contourna pour atteindre son bureau, son regard perçant ne le quittait plus. La belle se posa à nouveau à son bureau, les bras allongés de part-et-d‘autre de l'épais dossier qu'il avait posé précédemment. Priya observa alternativement, pendant quelques secondes, cette pile de parchemins puis le visage neutre du jeune sorcier. Elle ne disait rien, laissant macérer le suspens comme si elle se préparait à un assaut. « Cher monsieur ... Bishop » Put-elle lire sur un morceau de première page. Elle entrelaça ses longs doigts fins, comme elle aimait tellement faire pour paraitre plus sérieuse. Shafiq ne souriait plus, son regard sombre était plongé dans celui tout aussi figé de son invité. « Comme vous l'avez si bien exposé dans votre poignant monologue, je suis effectivement Priya Shafiq, celle qui fait des "miracles" auprès du ministère. Je n'ai pas volé ma place ou exterminé quelqu'un pour l'avoir, je peux vous l'assurer. Ne me prenez pas de haut, Mr. Bishop, je vous prie, je pense que vous regretteriez amèrement de le faire une seconde fois ... » L'indienne s'arrêta en plein milieu sa phrase pendant un court instant. Ce n'était pas la peine de l'enchaîner à nouveau, cela ne les emmènerait qu'au fin fond d'un précipice. Elle tourna les première pages du dossier, une par une, observant vaguement les faits constatés. « Moi qui pensais que vous étiez venus pour l'annonce ... Exposez-moi, Mr Bishop, la raison de votre venue. Je pense, au vu de ce que j'ai sous les yeux, que cela nécessite bien plus que l'aide si ... protocolaire ... des aurors du ministère. Je me trompe ? » Marmonna-t-elle sur un ton bougon, sans lâcher les feuilles du regard. Ses ongles soulignèrent une identité qui ne lui était pas inconnue. Se pourrait-il que ce soit ...

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MessageSujet: Re: Entretien d'embauche mouvementé ft. Mateusz Bishop   Dim 13 Mar - 21:41


Entretient d'embauche mouvementé
Priya & Mateusz



Il était bien inutile de regretter un geste ou des paroles après qu’ils n’aient dépassé le stade de l’imagination. S’en vouloir après le fait accomplie c’était de son avis stupide aussi tachait-il de ne jamais déplorer le moindre de ses actes, du moins sur papier, car alors que l’inconnu qu’il avait envoyé valdinguer sur le parquet le regardait d’un air hébété, il s’en voulait déjà d’avoir cédé à ce mouvement de colère qui ne lui ressemblait pas et qu’il aurait d’accoutumer condamner. Il détestait cette sensation d’avoir agi avec stupidité et ce sentiment de honte qui redonnait des couleurs à ses joues blêmes, pour autant présenter des excuses n’étaient pas à l’ordre du jour, il lui semblait de toute manière inconcevable que la pauvre victime les accepte docilement… Claudiquant jusqu’au fauteuil, il se surprit à ressentir un certain malaise en se rendant compte qu’il s’en était pris à la mauvaise personne. Certes cet imbécile ne perdait rien pour attendre, il était aussi vaniteux qu’inintéressant pour autant il ne méritait pas le sort qu’il lui avait réservé. Après tout la première à l’avoir profondément irrité, c’était bien cette Priya Shafiq à qui il allait pourtant demander de l’aide. C’était elle dans un premier temps qui l’avait insulté avant même de connaitre la raison pour laquelle il avait franchis sa porte, elle qui s’était permise des remarques totalement déplacé sur sa condition qu’il n’arrivait toujours pas à assumer pleinement. C’était principalement pour éviter ce genre de remarque qu’il s’était cloitré longtemps chez sa sœur et voilà qu’en à peine quelques minutes on lui balançait au visage tout ce qu’il savait mais n’avait nullement envie d’entendre. Il allait devoir l’espace d’un instant ranger orgueil et ego, chose dont il n’avait pas particulièrement habitude mais qu’il était prêt à sacrifier sous certaines conditions le temps de mener à bien la mission qu’il s’était fixé.

Les mots qui avaient suivi étaient acides et désagréables, il avait laissé entendre sa colère sans gêne et attendit le verdict de la détective qui n’avait sûrement pas anticipé qu’on se serve de son bureau comme champ de bataille. Mateusz l’avait observé jeter une petite statuette sans sourciller, nullement prêt à lui proposer son aide pour réparer l’objet bien qu’il le devine précieux. Elle l’avait traité avec une certaine négligence, acceptant son sort, lui qui était un brin matérialiste ne pouvait qu’admirer la sérénité avec laquelle elle se débarrassait d’un bien personnel…

Sans surprise, l’inconnu se redressa en brandissant sa baguette, l’ancien Gryffondor par réflexe sortit la sienne mais à son plus grand soulagement Priya fut plus efficace en stupefixiant la première le malheureux. Sale journée pour cet imbécile songea t’il en replongeant l’objet dans sa poche, calmant rapidement le tremblement qui l’avait saisi à l’idée de devoir affronter un adversaire dans un duel magique. Il était loin d’en avoir de nouveau les capacités ou du moins il était persuadé pour l’heure ne pas en être capable à sa plus grande honte. Avec le plus grand étonnement, Mateusz observa l’Indienne qui d’un coup de baguette ouvrit la fenêtre pour faire basculer le corps du garçon au-dehors, avec douceur, certes, néanmoins il eut presque de la compassion pour ce type qu’il avait attaqué un peu plus tôt. « Eh ben… » Grimaça t’il en haussant les sourcils. « Vous avez des manières plutôt radicales vous. » Remarqua-t-il inutilement à voix haute. Après tout il avait été prévenu, Arthus n’avait pas manqué de remarquer qu’il manquait une case à cette fille, pour l’heure il avait effectivement tendance à donner raison à son beau-frère…

L’introduction turbulente semblait prendre fin, tout comme lui Priya sembla enfin disposer à parler des choses sérieuses. Devinant son agacement derrière le discours qu’elle lui tint Mateusz la jugea avec la plus grande indifférence. Il était pourtant d’avis de ranger les armes, ils étaient quittes maintenant. Après tout elle l’avait débarrassé d’un duel dans lequel il se serait ridiculisé, il ne souhaitait pas prolonger plus longtemps les hostilités. Encore une fois il avait frappé à la porte ce bureau avec un but et ce dernier n’était certainement pas d’entrer en guerre avec la détective que le ministère s’arrachait pour résoudre des affaires semble-t-il trop délicate pour eux.

« Mateusz, par Merlin… Appelez-moi Mateusz. »
Lança t’il l’air bougon. Il n’aimait pas entendre ces "Monsieur Bishop" qu’elle avait répété, à son goût, un peu trop souvent. Monsieur Bishop, c’était son père, pour l’heure il ne méritait pas ce titre et sûrement ne le mériterait-il jamais tant il l’associait à l’impressionnant homme qui l’avait mis au monde. L’ancien Gryffondor imagina son géniteur, son silence provocateur, son imposante carrure et son charisme écrasant, avant de chasser rapidement cette image qui le mettait étrangement mal à l’aise. Il gigota sur son siège, comme à la recherche de la position idéal avant de reprendre plus calmement. « Ça sera moins solennel. »

Il était donc maintenant question d’exposer la raison de sa venue. Mateusz racla sa gorge et se redressa légèrement, jetant à l’occasion un coup d’œil à la bestiole maléfique qui s’était mystérieusement tut comme pour s’assurer de ne pas être à nouveau victime d’une mauvaise surprise venant de sa part. Il eut l’idée saugrenue que ce chien, à l’image de sa maîtresse, était tout d’un coup en train de lui prêter une oreille attentive, impatient de découvrir les raisons qui l’avaient trainé ici. Il délirait, et puis avoir pensé à son père plus tôt ne l’aidait pas dans sa démarche puisqu’il songeait déjà avec quel calme, précision et désinvolture il aurait lui exposé le sujet à la jeune femme. Il n’était pas aussi précis que son paternel, pas aussi serein ni avare en parole. En quelques mots jeter avec un certain dédain et un sourire entendu, Monsieur Bishop vous aurait résumé parfaitement la situation, mais pas Mateusz qui n’aimait pas particulièrement décrire ses idées, n’arrivant jamais tout à fait à les faire entendre de la manière qu’il le souhaiterait. « Bien. C’est simple je cherche à faire rouvrir le dossier d’un mangemort disculpé à tort. » La base, elle était là. Croisant les bras contre sa poitriner il poursuivit en ignorant la petite goutte de sueur qui dégringolait le long de ses temps. C’était normal, cette chaleur ? « Fergus Yaxley, pour être précis. Cet enfoiré est coupable et sa place est à Azkhaban, je ne m’épancherais pas plus sur le sujet, enfin, j’imagine quand même que je dois préciser que c’est à cause de lui en partie que je suis dans cet état. » Ses yeux se braquèrent sur l’épais dossier qu’il avait remis à Priya, il le désigna d’un coup de tête avant de poursuivre. « Je vous ai mâché le travail. La dedans il y a la liste des personnes qui ont été à la barre pour témoigner contre lui. J’ai pu en joindre certaines, j’ai pris quelques notes… Je pense pas avoir fait du mauvais boulot, vous avez dit que vous cherchiez un assistant ? » Il avait dit cela d’un ton plutôt ironique voir moqueur, comme pour rappeler l’imbécilité de la situation précédente. L’idée de postuler ne lui traverserait pas l’esprit. Il continua, plus sérieux. « Il serait donc pas inutile de le suivre un moment, surveiller ses fréquentations, trouver de nouvelles preuves. Le but étant de constituer un dossier béton, un dossier qu’ils seront obligés d’étudier. Je veux qu’ils acceptent de s'être plantés sur toute la ligne, que leur politique est bien trop laxiste avec ces individus qui… » Mateusz marqua une pause, secouant la tête avant de passer une main sur son front et de soupirer. « Bref vous avez compris l’idée. » Les battements de son cœur s’étaient doucement accélérés car il savait qu’il allait devoir aborder le deuxième point, le délicat, qu’il allait devoir parler de celui qui était devenu un tel tabou pour lui que tout comme Voldemort, il n’osait dire son prénom. « Il y a aussi ce type. Introuvable. Il faudrait… Il n’y a aucune piste, mais il faudrait que vous mettiez la main dessus. » Courte pause. « Avant que je ne le fasse.» Sa gorge était noué et son regard s’était durcit « Dernière page de dossier. » Se contenta-t-il de formuler en détournant les yeux, il n’avait nullement envie de revoir l’article de journal qu’il avait dû glisser dans ses notes, celle où on pouvait voir la photo de Pier Parkinson sourire sans joie collé à ses lèvres fines, son visage coupé à la serpe encadrer par ses longs cheveux aussi noirs que son regard inquisiteur. « Je retirerais tout ce que j’ai pu dire tout à l’heure si vous arrivez à faire ça pour moi. » Oui, pour lui. Il n’allait pas se cacher, cette quête était personnelle. Bien d’autres victimes étaient tombées sous les baguettes de ces deux monstres, mais il faisait de cette affaire quelque chose de très privé et ne pensait à personne d’autre que lui dans ses démarches au fond.

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    Mateusz Bishop ◇ And in her eyes you see nothing, no sign of love behind the tears, cried for no one a love that should have lasted years. ©️endlesslove

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MessageSujet: Re: Entretien d'embauche mouvementé ft. Mateusz Bishop   Mer 16 Mar - 17:04



Mateusz & Priya
Entretien d'embauche mouvementé


Ses longs doigts fins parcouraient des lignes de textes interminables. Elle se plaisait à gratter, du bout de ses ongles, l'épais parchemin. Effectivement, le dossier semblait bien complet. Des pages et des pages de témoignages, de photos, d'indices. Tout portait à croire que Mateusz Bishop voulait enfermer coûte que coûte cet homme. La belle indienne leva enfin ses yeux en direction de son potentiel client, ses lèvres étaient légèrement pincées. Elle était dubitative. Était-ce un bon plan ? Elle se souvenait avoir enquêté, avec les aurors du ministère, sur ce même dossier, l'année dernière. A l'époque, Priya était tout aussi convaincu que l'était aujourd'hui Mateusz. Des vagues de protestations, dans les hautes sphères de la magie, avaient fortement ralenti l'enquête, elle avait même reçu des menaces anonymes et avait failli perdre sa position de consultante. Évidemment, cela va s'en dire que la sorcière n'avait pas arrêté, cependant au bout de plusieurs mois d'enquête, la mission avait été annulée, le dossier clos. Preuves non tangibles. L'indienne observait le jeune homme qui continuait d'exposer son avis, elle se grattait l'arrière de la tête et sentait ses battements de cœur ralentir au fur-et-à-mesure qu'il parlait. Devait-elle lui dire qu'elle renonçait à sa demande avant même d'avoir essayé ? « Hum, effectivement » Lança-t-elle dans un murmure au moment où Mateusz Bishop proposa son plan d'attaque. Priya ne voulait pas le couper dans son élan, elle ne faisait que le détailler. Elle sentait qu'une certaine aversion pour le personnage guidait sa démarche, son ton presque virulent le trahissait, d'épaisses gouttes de sueur perlaient sur son front. La sorcière passa son index le long de sa mâchoire, elle avait mis de côté le dossier pour s'intéresser pendant quelques secondes au plaidoyer de son client quand, tout-à-coup, il lui proposa de voir la dernière page du dossier, ce qu'elle fit immédiatement. Une grande photo, au milieu d'un article de la Gazette. Un jeune homme au regard diabolique, affublé une affreuse tignasse noire, souriait faussement au photographe. Ce type, il était sérieux ? Priya referma le dossier puis le poussa en direction du sorcier. Un mangemort en fuite depuis la mort de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom en plus de l'enquête sur ce potentiel mangemort ? Ce qu'il était en train de lui demander ... C'était bien au-delà de ses affaires habituelles. La jeune femme comprit que son invité avait remarqué son désarroi face à sa demande. Il fallait se ressaisir. « Un peu de thé peut-être ? » Commença-t-elle, comme pour détendre l'atmosphère. « On va dire que oui » D'un coup de baguette, Priya fit chauffer une bouilloire en cuivre qui traînait dans un coin de la pièce, elle ramena aussi le nécessaire sur le bureau. Une tasse manqua de heurter l'encrier, elle s'arrêta au bon moment face à sa propriétaire. « Alors, alors ... Par où commencer ... » La sorcière se cala dans son fauteuil club, elle joignit ses doigts devant son visage, prenant une position réflexive face au jeune homme. « Je voudrais bien vous aider, Mateusz, croyez-le bien ... Cependant, qu'aie-je à y gagner ? A part votre reconnaissance ... ? » Elle vit que son client commença à prendre la parole, elle le coupa, cette fois-ci poliment.

Même si Gladstone semblait écouter attentivement la conversation entre sa maitresse et le cruel inconnu, son attention se portait plus particulièrement sur la théière flamboyante qui laissait échapper un nuage de fumé grisâtre et dont une agréable odeur, indescriptible selon lui, se dégageait. Ses yeux de chien s'illuminaient à force que l'objet se rapprochait du bureau. Oui, il désirait s'en emparer. La boule de poils fit un effort remarquable pour se mettre sur ses pattes arrière, il leva son museau humide en direction de la bouilloire. Au moment où la surface brillante, mais brûlante, se mis en contact de la muqueuse nasale de l'animal, celui-ci glapit de douleur et se réfugia entre les jambes de sa maitresse. « Shht, Gladstone ! » Siffla-t-elle entre ses dents. La théière était en train de servir deux tasses sur le bureau, une volute de fumée s'élevait de chacune d'elle, signe de l'intense chaleur qui se dégageait du breuvage. « Où en étais-je ... Ah oui. Le souci dans votre programme, qui m'intéresse énormément quand même, c'est que j'ai déjà enquêté sur l'affaire Fergus Yaxley, l'année dernière. Malgré notre travail acharné, avec les aurors du ministère, nous n'avons pas réussi à l'envoyer à Azkaban. Je ne vois pas du tout ce qui aurait changé en un an ... Et puis ce Parkinson ... Cela m'intrigue, cette fuite, ce personnage machiavélique ... » Priya s'arrêta en plein milieu de son discours, se concentrant sur sa tasse de thé. Que devait-elle faire ? Elle voulait accepter ce dossier, mais cela voudrait dire que ses autres propositions d'enquêtes devraient être mises de côté pour l'instant. C'était risqué. La sorcière passa, à nouveau, une main derrière sa nuque. « J'accepte de prendre en charge votre dossier, si vous acceptez de travailler avec moi, sur ce dossier, avec mes conditions » Lui lança-t-elle, sur un ton sérieux, en le fixant de ses yeux bruns. « Il me faut de la main d’œuvre, pour ce type de dossier, vous me semblez être le candidat idéal pour le poste » Face à Mateusz, qui devait probablement croire qu'elle se moquait de lui, Priya sentit qu'elle devait se justifier un peu plus. « Je m'explique. Même si vous ne semblez pas vaillant, physiquement parlant, vous avez la hargne nécessaire pour ce genre de dossier. Seule, je risque de perdre trop de temps et là n'est pas le but. Collaborez avec moi, je vous promets un poste en or. Dangereux, mais passionnant. Qu'en pensez-vous, Mr Bishop ? » La jeune Shafiq affichait un sourire serein. L'enquête l'intéressait énormément, elle ne voulait pas la lâcher. Maintenant, elle attendait de voir si ce sorcier accepterait de la suivre. Elle n'avait rien à lui prouver de toute façon, elle avait un égo assez développé pour savoir quelles étaient ses capacités. Gladstone, qui s'était fait discret ces dernières minutes, sortie de sous le bureau pour fixer Mateusz Bishop avec ses yeux globuleux. Oui, cet humain pourrait être une cible de choix pour ses expériences de chien. Affaire à suivre avec le plus grand intérêt.

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