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 « an inexpected customer » — mateusz ♥ TERMINÉ

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MessageSujet: « an inexpected customer » — mateusz ♥ TERMINÉ   Sam 9 Jan - 21:02

an unexpected client
mateusz & calixte
Obscurité latente du bois d'ébène qui tapisse les murs, le plancher, les tables et tout le mobilier aux alentours. Quelques chandeliers, des bougeoirs dispersés ici et là, pour rajouter un semblant de vie à cet endroit lugubre. Un courant d'air froid qui disperse l'atmosphère hivernale à chaque ouverture de porte. Des chuchotements, des éclats de rire graves, quelques toux grasses. L'habituelle clientèle de la Tête de Sanglier, somme toute. Et la silhouette à la chevelure d'un blond lunaire, qui astique incessamment le comptoir, semblant presque ailleurs, tant la surface de bois poli paraît briller de mille feux. « Jones, je ne te paie pas pour rêvasser. Au travail ! » Un grognement intelligible qui provient des cuisines, qui fait soupirer la demoiselle. La légendaire humeur d'Abelforth Dumbledore, de si bon matin. Une main qui se dépose délicatement sur son épaule, un visage marqué par l'âge et les épreuves de la vie, mais un sourire aussi doux que la tarte au potiron qu'elle prépare avec amour tous les jours que Merlin fait. Merry Bonafest était la bonté incarnée. « Il n'est pas en forme, ces derniers temps. Ne t'en fais pas. » Elle répond d'un léger sourire à la femme qui la materne comme une mère. Qui s'est éprise d'affection pour la jeune orpheline venue quémander du travail. La seule qualité que l'on pouvait donner au frère du directeur de Poudlard était qu'il n'était pas regardant sur le curriculum et les antécédents de ses employés, tant que le travail était correctement fait. Ce à quoi elle s'employait le plus possible, bien décidée à conserver cette couverture parfaite. Personne de constitution normale ne venait à la taverne, le repaire des étranges sorciers, des "fonds de cuve", des marginaux et autres énergumènes relégués au bas de la chaîne sociale. Quelques jeunes, rarement, venus affronter l'esprit presque effrayant de l'endroit.

Rosie qui s'affaire à ranger la montagne de bouteilles qui s'entassent derrière le bar, qui range, nettoie, essaye de redonner un semblant de propreté à l'espace de beuverie habituelle. Qui aligne les contenants de verre, remplis de liquides aux diverses couleurs. Qui aperçoit quelques silhouettes traverser la rue piétonne, à travers la vitre légèrement floue. Qu'elle aurait aimé pouvoir arpenter les pavés de la même manière, aussi librement que les fourmis qui s'agitent d'échoppe en échoppe, sacs sous le coude, à faire leurs emplettes. Elle est l'oiseau en cage, confiné dans un monde plus sombre, plus fermée, presque résignée à son sort. « Eh donzelle, tu me remets un whisky ! » Un sourire forcé, coincé entre ses dents blanches et là voilà qui agite ses mains diaphanes, versant le liquide doré dans une choppe propre. Un plateau et elle s'avance vers les messieurs demandeurs de boisson. À peine déposée sur la table qu'elle sent une ferme main se poser sur son postérieur. Elle étouffe un grognement, le regard clair posé sur le malotru. « Je vous conseille vivement d'enlever votre main d'où elle est. Vite. Sinon je suppose que le whisky ne finira pas dans votre gosier mais dans ce qui vous sert de visage. » Elle n'a pas pu s'en empêcher, c'est automatique. Sa langue n'est toujours pas perdue au fond de sa gorge, elle ne se laissera jamais marcher sur les pieds. Clandestine ou non, d'ailleurs. Sa force de caractère qui la garde en vie, qui la met en danger, certaines fois. Mais cela fait partie de ce qu'elle est, inévitablement. Pas le temps pour eux de répliquer qu'elle s'éloigne avec un signe, un "Santé !" lancé à la pelle, sans se retourner. Pour revenir à ses occupations, allant regarder si de l'aide est demandée en cuisines. Un signe de tête et elle revient en salle, penaude. La porte s'ouvre, un groupe qui entre et elle jette un vif coup d'oeil avant de retourner à ses occupations. Le temps qu'ils s'installent, elle aurait tout le loisir d'identifier les visiteurs. Les mains dans l'eau, concentrée sur les verres qu'elle lave afin d'avoir de nouveaux récipients pour servir les clients, le tabouret de bar qui se tire et une silhouette qui s’assoie, projetant une ombre contre le mur. « Dites-moi, qu'est-ce que je peux vous- » Elle a daigné relever la tête pour regarder son interlocuteur dans les yeux. Le temps qui se fige, son coeur qui s'arrête, quelques instants. Ce visage aux joues presque encore rondes, les deux mirettes chocolat, les boucles brunes. Sa bouche qui s'assèche, la boule dans sa gorge qui semble avoir la taille d'un boursoufflet. « ...servir. » Six ans. Six ans après, il fallait que ça arrive. Merlin. Ou plutôt, Mateusz.
 
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MessageSujet: Re: « an inexpected customer » — mateusz ♥ TERMINÉ   Sam 16 Jan - 20:35

an unexpected client
mateusz & calixte
Il était presque déçu. Il ne s’était évidemment pas imaginé qu'un comité d’accueil viendrait célébrer en pompe son retour à la vie active, mais dans les scénarios qu’il avait eu le temps d’élaborer durant sa convalescence, cette journée si cruciale à ses yeux aurait dû avoir une autre saveur. Peut-être s’était-il attendu à soulever plus de compassion, à émouvoir ce public d’inconnus, mais un jeune au visage balafré était devenu quelque chose de tristement banale et si chacun ne pouvait que mesurer l’injustice que cela représentait, les sorciers étaient dorénavant habitués à la vision d’une jeunesse gâché. Il n’était qu’une vie brisée parmi tant d’autres et chacun, désireux de retrouver une vie rangée et de mettre de l’ordre dans ses propres problèmes, avait décidé d’écraser le souvenir d’une guerre trop douloureuse. Oui, passer à autre chose était le mot d’ordre, c’était sûrement la phrase qu’il avait le plus entendu raisonner ces derniers temps, « ne pas oublier, mais avancer », Mateusz jeta un coup d’œil à sa jambe défectueuse et eut un sourire tristement ironique, avec celle-ci il n’irait pas très loin.

N’était-ce cependant pas paradoxale de vouloir l’attention quand on craignait tant d’attirer le regard ? Tout ce temps, durant ces longues semaines, Mateusz avait appréhendé ce retour, il pensait à ceux qui détailleraient avec dégout ou malaise les cicatrices qui lui barraient le visage, à des pairs d’yeux rivé sur cette canne qui n’aurait jamais dû atterrir dans les mains d’un garçon de vingt-six ans. Et pourtant tout ce qu’il aurait souhaité à cet instant perdu dans la foule, anonyme parmi les anonymes, ce fut qu’on le remarque. Qu’on lui porte secours, qu’on le félicite, peut-être même, oui, qu’on le remercie pour sa bravoure, pour avoir résisté, pour s’être battu. Il ne pouvait quand même pas redevenir un sinistre employé de bureau insignifiant et finir dans l’oubli le plus total après ça… Par Merlin, son sacrifice était inscrit à jamais sur son visage et dans cette jambe perdue contre un peu plus de paix, il méritait d’être salué à son passage et même si on ignorait son implication dans un quelconque réseau, on pouvait faire l’effort de déduire qu’il avait souffert durant la guerre. La honte déchirait peut-être ceux qui avaient courbé l’échine, les empêchant de promulguer le moindre compliment, un bain de planqué qui n’avait pas bougé le petit doigt, voilà ce que la colère faisait penser à Mateusz alors qu’il se frayait un chemin dans la rue principale de Pré au lard.

Réaffirmant sa prise sur sa canne, l’ancien Gryffondor ignora les rires qui s’échappaient de l’auberge Les trois balais et poursuivit sa route. Il n’irait pas là-bas, il n’avait aucune envie de croiser une vieille connaissance ou un ancien collègue et il était assuré de ne pas y échapper pas s’il passait le cadre de ce pub là. Troquant le confort et la bonne humeur de l’endroit contre l’insalubrité et la crasse de La tête de sanglier, Mateusz s’engouffra dans l’établissement à la réputation douteuse où il serait au moins assuré de pouvoir déguster une bierraubeurre en toute tranquillité. Il avait une petite victoire à fêter, seul, peut-être, mais une victoire tout de même, aussi était-il pour l’heure hors de question de rentrer au foyer Stanhope. Il avait presque envie d’y revenir tard, quitte à ce qu’on s’inquiète un peu pour lui, après tout ils avaient insisté pour qu’il sorte et se reconstruise…

Accaparé par la chaleur de l’établissement il se délesta rapidement de son épais manteau et l’envoya d’un coup de baguette volé vers un porte manteau miteux posé à l’entrée de la taverne. Il dépassa le groupe bruyant qui le devançait et se fraya sans trop de difficulté un passage entre les tables pour s’installer au comptoir en solitaire. Mateusz détestait l’idée, la vision d’une personne attablée seul lui faisait toujours pitié et le rendait profondément mal à l’aise. A son tour d’être celui dont il n’aimait croiser la route, que de bouleversement dans sa petite vie. Et puis, il redressa enfin la tête.

C’était elle. Pas de doute, c’était elle. Son cœur se mit à cogner un peu trop fort dans sa poitrine et l’idée de s’en aller avant qu’elle ne le remarque taquina son esprit, impossible pourtant d’esquisser le moindre mouvement car déjà Cali Asquith lui fait face, se décomposa, peina à finir sa phrase et le regarda, attendant sûrement qu’il dégaine le premier. Quelqu’un de censé aurait sûrement rit de la coïncidence, se serait penché pour la serrer dans ses bras, aurait fait une remarque idiote sur le temps qui file et aurait conclu par des questions pour rattraper son retard. Mais censé il l’avait toujours été moins que rancunier. Mateusz tachait de nourrir chacune de ses blessures pour ne jamais oublier le mal qu’elle lui avait fait un jour, car une cicatrice reste là, toujours, cela même si on cherche à l’ignorer. Il savait de quoi il parlait. Or, Cali Asquith était un sujet délicat, une plaie de cicatrice, et il n’était plus bon d’évoquer cette personne quand il était dans les alentours. Il l’avait aimé, elle avait disparu, il l’avait alors enterré mais jamais oublié. On aurait pu croire que le nombre d’années qui séparait les évènements dont il était question et la date d'aujourd’hui avait pansé depuis la blessure, mais l’avoir maintenant en face de lui lui faisait bien comprendre que non. Cette énigme qu’il pensait à jamais sans réponse avait continué de le torturer et bien que des idylles plus ou moins chaotiques aient suivi cette histoire d’amour contrarié adolescent, Cali restait là, quelque part dans son esprit, et refusait d’être délogé de sa place. Un vrai parasite.

- Je sais pas, un truc comme des explications, peut-être, pour commencer ?

Il regretta instantanément cette réplique ridicule mais releva légèrement le menton pendant que tout son esprit lui rappelait le visage ravagé qu’il avait à lui présenter. Raclant sa gorge, mesurant le poids de l’embarras, il eut un rictus moqueur avant d’ajouter.

- Bon, l’ambiance est à son comble ce soir, parfait. Bref, oublie ça, laisse tomber je… Qu’est-ce que tu fais ici, en fait ?


Lui demanda-t-il d’un ton volontairement détaché, peut-être un peu trop pour qu’il sonne de manière tout à fait sincère.
 
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MessageSujet: Re: « an inexpected customer » — mateusz ♥ TERMINÉ   Sam 16 Jan - 21:28

an unexpected client
mateusz & calixte
De toutes les personnes qu'elle avait imaginé rencontrer par hasard pendant cette clandestinité dangereuse à Pré-au-Lard, elle n'avait pas pensé à Mateusz. Et pourtant, son visage, même strié de cicatrices encore roses, faisait s'emballer son pauvre petit coeur. Il s'était installé au comptoir, face à elle et son faciès était figé dans la même mimique qu'elle devait arborer. La stupeur, la surprise, un mélange de sensations dérangeantes. Et la culpabilité qui la ronge, au souvenir de ce garçon souriant, légèrement pédant mais avec un coeur énorme, qui avait été un précieux ami pendant de longues années à Poudlard. Il l'avait toujours été, en soi, mais lorsqu'elle avait rencontré Jude, il y avait eu cette connexion étrange qui l'avait fait mettre le brun de côté, sans le vouloir. Bishop avait été le premier coup porté à son coeur, le petit poinçon qui faisait vrombir les entrailles et rosir ses joues d'adolescente. Ce gryffondor à la belle allure, cette manière de vouloir répondre à tout, ce minois enfantin, ce regard brun qui avait toujours eu le don de la mettre mal à l'aise tant il était profond. Ce même regard qui la scrutait, six années passées, de la même manière que les sept écoulées dans l'enceinte de Poudlard. Elle l'avait blessé, d'une manière ou d'une autre, elle le savait. Elle avait entaché cette amitié intense par négligence, elle avait disparu sans laisser un quelconque mot, un message, un signe. Il avait fallu que cela se passe comme ça, elle ne pouvait rien souffler à quiconque. On ne donne aucun indice qui pourrait mener jusqu'à nous, lorsque nous sommes en fuite. Mateusz avait été là, quelque part, dans un visage, dans des paroles, un air indigné, un parfum. L'hirondelle à la chevelure platine sentait le poids du regard posé sur elle, chaque minute passant plus lourdement que celle d'avant. Mais elle n'arrivait pas à laisser échapper le moindre mot. Trop de pensées se bousculaient dans sa tête, laissaient entrevoir des scénarios remplis de tristesse, de désespoir. Il avait reconnu son visage, il pouvait laisser échapper cette information à n'importe qui. Elle lui faisait confiance, elle lui aurait tout donné, à l'époque. Mais maintenant, six ans après, elle n'était certaine qu'il garde son secret. Tant de choses ont pu se passer pendant son absence, tant de choses qui dérangent et empêchent une réflexion raisonnée des choses. Il fallait qu'elle sache, qu'elle puisse voir si malgré tout, elle pouvait compter sur l'ancien rouge et or. Malgré le mal qu'elle avait pu engendrer dans son coeur.

La commande ne tarde pas à arriver, brutale. « Je sais, un truc comme des explications, peut-être, pour commencer ? » Elle soupire, passe une main lasse sur son front, dégage ses cheveux blonds de son visage pâle. Elle n'arrivera jamais à se faire à cette crinière peroxydée, aux antipodes de sa chevelure noire de jais qu'elle affectionnait tant. Mais mieux valait faire quelque chose pour la rendre moins reconnaissable. Sauf que rien n'aurait pu la mettre en sécurité avec le garçon Bishop. Il avait été une personne proche, un souvenir persistant dans sa mémoire, il pourrait la reconnaître, peu importe une perruque, des lentilles, un glamour. Il y aurait forcément quelque chose pour la démasquer. Mateusz avait relevé le menton, essayant de dégager son visage de sa vue. Mais les cicatrices étaient désormais une part de lui-même, elles ajoutaient une histoire, un vécu à son visage presque encore enfant, aux joues légèrement rondes. Calista découvrait l'homme, après des années d'absence, de séparation avec les personnes qu'elle avait pu côtoyer. Elle découvrait les traits plus virils, les joues creusées, les yeux encore un peu fatigués mais le regard toujours aussi vif. La carrure plus épaissie, bien que toujours athlétique et mince. « Je ne peux pas t'expliquer, pas ici. C'est trop compliqué. » Elle reste vague, c'est plutôt frustrant pour lui, elle l'imagine bien. Mais il y a toujours des oreilles indiscrètes. Merry passe vérifier que tout va bien, comme chaque jour. L'hirondelle passe une main sur son épaule et lui murmure assez bas pour n'être entendue que d'elle. « Est-ce que je peux vous demander une faveur ? Est-ce que vous pouvez me remplacer un moment ? C'est très important. » La vieille femme lorgne sur le brun et la jeune fille plusieurs fois avant de lui signaler son accord d'un signe de tête. Rosie Jones se retourne vers lui, comme elle l'aurait fait avec n'importe qui, mais il y a trop de Calista pour tromper qui que ce soit, surtout Mateusz. « Viens. Un endroit moins exposé sera plus adéquat. Je t'expliquerais tout, je te le promets. »

Tandis qu'elle avance dans les couloirs pour atteindre ses quartiers, elle surprend un troisième bruit additionné aux pas du jeune homme. Se retournant légèrement, elle assimile cette canne qu'il tient en main et sa bouche se tord en une grimace de tristesse. Il semblait avoir traversé divers événements compliqués, douloureux, dans tous les sens du terme. Arrivés devant la porte en bois de chêne, elle l'ouvre d'un mouvement de baguette et laisse son invité entrer en premier, avant de fermer celle-ci à double-tour. Sans vouloir paraître pleine de compassion, elle savait qu'il détestait ça de tout son être, elle l'invita également à s'installer. Préférant rester debout, elle s'accoude au rebord intérieur de la fenêtre, essayant de regarder partout, sauf le visage du garçon non loin d'elle. « Eh bien... » Elle se râcle la gorge, mal à l'aise comme jamais. Elle sentait la tension qui s'échappait de Mateusz et cela l'électrisait complètement. La culpabilité qui l’étreignait n'arrangeait rien du tout. « Tu ne te souviendras pas de la réunion d'anciens élèves de 1976, tu n'y étais pas. Il y avait cette crevure de Fitzsimmons. Il me disait qu'il allait me faire des choses tellement sales, je l'ai envoyé bouler, tu comprends ? » Il y a presque du désespoir dans sa voix d'ordinaire assurée et moqueuse. Finalement, elle se recroqueville sur son lit, la tête posée sur ses genoux. Elle ne regarde plus Bishop, plongée dans les souvenirs. Elle revoit les mots balancés par le garçon, immensément vexé d'avoir été rejeté. "Tu vas aller voir ton père et me coller un procès, Asquith ? À moins qu'il soit trop occupé à lécher les bottes de Lord Voldemort. N'est-ce pas ? Fille de mangemort." Ces paroles qui créent une boule immense dans sa gorge, renforcent la brique posée dans son estomac. « Personne ne savait, personne n'était au courant. Comment est-ce que j'aurais pu en parler, d'ailleurs ? Salut, je m'appelle Calista, mon père est un mangemort, soyons amis ! » Sa voix qui part dans les hauteurs, presque hystérique. Elle ne contrôle plus vraiment, c'est la première fois qu'elle s'exprime à ce sujet, qu'elle ose en parler à quelqu'un. « Vous auriez réagi comment, hein ? C'est pour ça que je suis partie. J'aurais eu beau me battre à corps perdu pour prouver que j'en avais rien à foutre de ce mégalomane sans nez, on m'aurait collé dans une cellule putride à Azkaban. » Elle serre encore plus ses bras autour de ses jambes minces. Ses cheveux sont étalés de part et d'autre de son visage, créant une corolle soyeuse tout autour d'elle. Mêlant le blond lunaire à la pâleur de sa peau. « Quant à ce que je fais là, pour répondre à ta question. » Une rire jaune, moqueur, presque désespéré. « Abelforth n'est pas très regardant sur les antécédents. »
 
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MessageSujet: Re: « an inexpected customer » — mateusz ♥ TERMINÉ   Ven 22 Jan - 22:22

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Il tachait maintenant de cacher ses tremblements, de calmer ce cœur qui cognait à tout rompre contre sa poitrine. Il ne voulait pas qu’elle voie le désarroi, il fallait que la surprise laisse place à l’indifférence, que Cali Asquith ne comprenne pas que six ans plus tard elle continuait d’exercer sur lui ce pouvoir sur lequel il n’avait jamais eu d’emprise. Il s’agaçait, de cette sensation il n’en voulait pas, il avait tant lutté pour faire taire ses sentiments blessés, les mettre de côté, leur donner moins de poids. Fallait-il que tous ses efforts soient ruinés le jour où il recroisait enfin la route de celle qui l’avait trahie ? Celle sur qui il avait tant de fois crachées par la suite pour exorciser une colère sourde qui l’avait longtemps abattu. Mateusz avait aimé cette fille, sûrement était-elle la première dont il avait été si profondément amoureux, cependant il avait toujours tu ces sentiment et était allez de déceptions en déceptions avec elle. Écarté quand elle s’était entichée d’un autre camarade, il avait d’abord encaissé le coup avant de s’avouer vaincu, gardant l’espoir pourtant, toujours, de récupérer la place que Jude lui avait ravie. Trop fier cependant pour faire le premier pas, ils avaient fini par s’éloigner et si le contact n’avait jamais été tout à fait rompu, il était cependant devenue si fade comparé à ce qu’ils avaient partagé auparavant ensemble que Mateusz en avait été malade. Et puis il n’y avait plus eu de contact du tout. Disparue. Personne n’avait de nouvelles de Cali et il avait fini par se convaincre qu’il n’en voulait plus. Il avait tant espéré pourtant qu’elle lui fasse un signe, qu’il soit l’exception, celui à qui elle daignerait d’expliquer… Mais rien. L’oiseau s’était volatilisé sans laisser d’indices et contrairement à d’autres qui s’étaient lancé sur ses traces au bout d’un certain temps Mateusz avait abandonné l’idée de la revoir. Il n’était pas du genre à trainer trop longtemps quelque chose derrière lui et il jugeait que cette mascarade avait d’ailleurs trop duré. Un jour il avait mis un point définitif sur l’histoire Cali Asquith, il s’était promis de l’oublier elle mais pas le mal qu’elle lui avait fait et il avait avancé. Du moins c’est ce qu’il pensait avant ce soir.

A peine avait-il aperçu son visage qu’il avait su à qui il avait affaire, aucun artifice n’aurait pu le tromper, pas même cette chevelure blonde qu’il ne pouvait s’empêcher de détailler. L’espace de quelques secondes il n’avait pas voulu y croire tant la coïncidence lui paraissait folle mais il avait bien fallu se rendre à l’évidence que l’heure des confrontations avaient sonnée. La tension était palpable, électrique, mais Mateusz était assuré d’une chose : si le destin avait voulu les rassembler ce soir il aurait des explications. L’ancien Gryffondor n’avait jamais apprécié les discours qui disaient que chaque épreuve arrivaient pour une raison, cette pensée le révoltait puisqu’il jugeait ne pas mériter ce qu’il lui était tombé dessus il y a de cela quelque mois et souvent il envoyait paitre ces philosophes du dimanche de manière peu courtoises. Une partie de lui cependant cédait et était convaincu que certaines choses n’étaient effectivement pas le fruit du hasard, il ne souhaitait juste pas le concéder à voix haute.

Il ne fléchirait pas, il tachait d’ailleurs de se délecter de l’embarras dans lequel cette rencontre imprévue semblait plongé son ancien premier amour contrarié. Mateusz voulait que tout se passe comme il avait osé imaginer les choses si un jour il venait à la croiser, à savoir ne pas céder, contrôler, faire regretter peut être voir même profondément culpabiliser son interlocutrice. Vider son sac dans un second temps, le faire avec dédain, si possible. Sauf qu’il savait intimement que cela ne se passerait pas comme ça maintenant qu’il était face à elle…

- Évidemment…


Lâcha-t-il dans un rictus en détournant le regard quand cette dernière lui dit que tout ça était trop compliqué. Il secoua la tête, agacée par cette réplique qui faisait gagner du temps à Cali, réfléchissant déjà à sa riposte. Pourtant déjà cette dernière se tournait vers une collègue et lui glissait quelques mots qui la conduire, à la surprise du garçon, à quitter son poste. Mateusz blêmit cependant quand elle l’invita à la suivre et malgré la promesse que tout lui serait révéler, c’est avec hésitation qu’il se saisit de sa canne et emboita le pas de la jeune femme. L’ancien Gryffondor tacha alors de ne pas croiser le regard de son ancienne camarade, son visage se murant dans une expression de profonde contrariété, comme s'il aurait voulu garder ce détail sous silence encore un instant. Il avait face à lui une femme, une vraie, le temps s’était chargé de Cali et avait sublimé ses traits et ses courbes. À quoi était-elle confrontée elle de son point de vue ? À un estropié au visage découpé. Sur cette manche il avait perdu.

Silencieux, il se laissa guider et bientôt la serveuse ouvrit une porte. Mateusz aurait bien voulu rester debout, ne pas répondre au geste qui l’invitait à s’asseoir mais il savait qu’il ne tiendrait pas, être fier peut être mai pas idiot, aussi prit il place sur un fauteuil rapiécé et attendit la suite.

Il avait voulu la vérité il l’avait eu.

Le silence s’installa d’abord, il l’avait regardé, meurtrit dans une position de faiblesse puis avait préférer détourner le regard, fixant sans les voir les étoiles qui scintillaient derrière la fenêtre de la chambre.

- Tu te moques de moi ?

Ce furent ses premiers mots. Pas agressif, mais froid, presque blasé. Mateusz avala avec difficulté sa salive, ferma un instant les yeux comme pour reprendre ses esprits avant de les braquer à nouveau sur la silhouette frêle de l’oiseau blessé.

- Qu'est ce que tu me racontes ? Cali, qu’est-ce que j’en ai à foutre que ton père soit un foutu mangemort dis-moi ? Tu crois que je ne t’aurais pas défendu ? Qu’on ne t’aurait pas défendu ? Tous les gens autour de toi qui te connaissaient, qui se moquaient pas mal eux aussi de tes antécédents et qui pouvaient prouver ton innocence, tu ne pouvais pas nous prendre en compte avant de disparaitre comme une pauvre lâche ?


Mateusz se redressa avant de glisser une main tremblante dans sa tignasse hirsute. Il gardait son calme mais son corps respirait la tension, il détestait perdre le contrôle et il voulait encore prouver qu'il pouvait maitriser cette situation. Seulement il n'arrivait pas à savoir quelle attitude avoir, il n'arrivait même pas à déterminer quel était le sentiment prédominant qui l'habitait à l'instant. Il n'aimait pas ces moments fragiles ou se jouait tant, il avait à gagner comme à perdre et pour l'heure il ne se sentait pas plus libéré d'un poids maintenant qu'elle lui avait livré la raison de son envol.

- Tu as bien conscience qu’en fuyant tu as donné raison à toutes ces gargouilles j’espère ? Parce que oui en te tirant pour ça, crois-moi, tout le monde va penser qu'effectivement des choses à cacher tu en as ma vieille.

À aucun moment il n’avait cru qu’elle lui mentait, l’idée ne lui avait même pas effleuré l’esprit à vrai dire. Le prétexte lui paraissait absurde, impensable, mais Mateusz ne remettait pas en question ses mots. Il l’avait cru, au moment même où elle avait pris la parole. Il avait contenu avec peine sa colère quand elle avait évoqué cet imbécile qui l’avait violenté et il tentait maintenant de ne pas la faire exploser en apprenant la vérité. Il refusait tout bonnement de croire qu’elle avait pensé être seule dans cette histoire, qu'elle avait aussi si peu cru en eux. Aussi peu cru en lui. Parce que c’était là tout ce qu’il retenait presque de l’histoire.

- Par Merlin si tu savais ce que j’aurais pu faire pour toi à l’époque Cali.

C'était les mots de trop, ceux qu'il n'aurait pas voulu prononcer, aucune douceur pourtant dedans, juste une amer tristesse. Il aurait presque pu en rester là, claquer la porte et la laisser derrière lui. Mais il en était tout bonnement incapable. Alors il restait debout sans pouvoir esquisser le moindre mouvement, tachant de mettre de l'ordre dans ses pensées en désordre.

- Pourquoi est ce que tu es revenue ?

La question, la dernière. 
 
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MessageSujet: Re: « an inexpected customer » — mateusz ♥ TERMINÉ   Sam 23 Jan - 20:39

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Il y avait quelque chose de profondément dérangeant, à observer le visage du garçon aux boucles brunes. L'hirondelle y voyait un trop plein de colère, de rage, de déception, de tristesse. Tout ce maelström d'émotions qui s'étaient suivies successivement dans ses prunelles, à elle aussi. Cette chute vertigineuse lorsque l'on est trahi par ceux auxquels on tient, cette pointe venimeuse dans le coeur qui vient implanter son doucereux poison, distillant cette ombre dans les veines. Mateusz avait légitimement le droit d'être dans cet état mais cela n'empêchait pas Calista de ressentir des choses qu'elle n'aimait pas. Parce que ce qu'elle voyait dans ce visage marqué de cicatrices était le reflet de ses fautes commises en tant qu'adolescente, parce qu'elle voyait cette perdition de leur amitié qui s'était faite progressivement jusqu'au néant. Parce qu'elle voyait la douleur qu'elle avait pu causer à force de temps. Et fut un temps où elle aurait été prête au pire pour voir le meilleur briller dans les orbres brunes. Ce temps était toujours présent, au fond d'elle. Il aurait demandé n'importe quoi qu'elle l'aurait suivi sans prendre la peine d'explications. Ce garçon aux joues rondes, le nez en l'air, la langue bien pendue qu'elle avait rencontré dans le train avant même d'arriver dans le prestigieux établissement. Ce garçon à l'humour déchirant, réponse à tout, bien trop fier, bien trop buté. Ce garçon qui avait retourné tout son petit monde, ébranlé ses convictions, chamboulé les moins petites idées préconçues de sa matière grise. Ce garçon avec ce pouvoir si grand sur son pauvre petit battant, des sourires qui n'étaient réservés qu'à elle, qui faisant vibrer jusqu'à la moindre parcelle de son corps. Des regards qui venaient créer une tempête, des mots qui vrillaient ses tympans, faisaient poindre les larmes aux coins de ses yeux clairs. Ce garçon.

Parler, débiter des phrases qui n'avaient eu de forme que dans son esprit, depuis six années. Raconter enfin ce rebondissement macabre venant détruire l'existence plus ou moins paisible qu'elle avait pu mener jusqu'à là. Parler ravivait des souvenirs, des adieux silencieux à un monde qu'elle avait pensé ne jamais revoir, des déchirures, des plaies encore béantes qui saignaient à chaque passage sur les ruelles pavées. Les souvenirs qui affluent, qui viennent en masse se chevaucher, se ruer devant sa rétine, apportant des sons, des odeurs, des goûts. Un rappel du bonheur éphémère, des rires, des moments de partage qu'elle chérissait en secret. Parler ravivait cette fuite inévitable, pour éviter la prison, voire la mort. Et ses yeux qui s'agrandissent, les trémolos dans sa voix, cette hystérie qui se déverse à chaque syllabe. Toute cette peur, cette angoisse, six années de tensions qui ressortent doucement, comme le flot d'une rivière qui s'écoule à travers un barrage. Avec une retenue mais sans se rendre compte du moment où tout peut craquer et s'effondrer. Calista ne regarde pas le jeune homme, n'essaye même pas d'attirer son regard. L'hirondelle est plongée dans le souvenir, dans la clandestinité, dans l'aventure fataliste. Dans la monotonie de la dissimulation. « Tu te moques de moi ? » Et là, c'est la goutte qui s'échappe, de trop. La perle glacée qui vient prendre place au bord de ses mirettes iceberg. Puis une autre qui suit, de l'autre côté. Incompréhension. Ne voyait-il donc pas qu'il était difficile pour elle d'exprimer ce qu'il s'était déroulé des années en arrière, cette malédiction qui continuait de la hanter, de la poursuivre, où qu'elle aille. Ce regard brun dardé sur elle, maintenant. Et les questions qu'il pose, les choses qu'il dit. Mi-figue, mi-raisin. Ce garçon dans la demi-mesure, tant protecteur et vindicatif quand il s'agissait d'agir à ses côtés, tant violent dans ses paroles, touchant toujours où ça fait mal. Calista avait mal. Parce qu'il ne comprenait pas, parce qu'il n'avait pas encore vu que la vie était une chienne, une jungle où il fallait faire de son mieux pour survivre. Alors elle fait ce qu'elle sait faire de mieux, elle transforme cette douleur en colère. Parce que la colère est son amie, qu'elle sait la manier, qu'elle sait la comprendre. Parce que la colère est tellement plus simple, tellement plus dévastatrice, elle se nomme guide et montre la voie. « Ta gueule, Mateusz. Ta gueule ! » D'une position foetale, à l'aspect fébrile, elle se relève, droite comme la justice. Les muscles tendus, bandés, comme avant de passer à l'attaque. Et ne restent que des larmes, des sillons qui sèchent encore sur ses pommettes. « Tu ne sais rien du tout, putain ! De quel droit tu te permets de me juger !? » La colère est tellement plus simple à assimiler. Le regard est dur, le regard est glacial. « Tu crois que c'est facile ? Tu crois vraiment que des témoignages d'adolescents auraient pu apporter quelque chose ? Tu me fais rire, vraiment. Voldemort est le plus grand meurtrier du monde magique et tu crois qu'ils ne se seraient pas privés de m'envoyer une cellule putride ? Mon père est un mangemort, bordel. Ils n'auraient même pas cherché à comprendre quoi que ce soit, tu comprends ? Oui, je suis partie. Tu penses que c'est lâche, bien à toi. Je voulais simplement survivre, c'est bien trop compliqué à intégrer dans ta petite tête. » Tout s'échappait de manière incontrôlée. Il était en colère, elle l'avait repéré dès ses premiers mots, ils n'avaient pas été proches pou rien. Désormais, ils étaient deux à l'être et elle savait que cela ne s'arrêterait que lorsque tout le monde aurait vidé son sac. Et ils avaient des années à rattraper, tous les deux.

Elle voyait le garçon passer sa main dans ses cheveux, le corps tremblant légèrement. Mateusz avait toujours été un personnage de contrôle. Ne voulant jamais faiblir, ne voulant jamais perdre la maîtrise. Jamais. Diriger son existence d'une main de fer. Calista voyait encore ce qu'il faisait pour essayer de ne pas péter plomb alors qu'elle n'avait jamais été dans la retenue. Elle déversait son flot sans chercher la finesse. Toujours dans le reflet miroitant du jugement des autres. « Je m'en fous...je m'en fous. Qu'ils pensent ce qu'ils veulent. Je voulais juste être libre, Mateusz. Je n'ai jamais demandé que ça et je ne l'ai jamais eu. Quoi que je fasse, quoi que je dise, je ne ferai jamais le poids face au nom que je porte. Cette malédiction. Ce putain de nom qui m'a tout pris, depuis toujours. » Ce nom qui lui avait enlevé sa vie, son enfance, ses études. Ce nom qui était un poids sur ses épaules, encore aujourd'hui. Ce qu'il ne comprenait pas, c'est qu'ils auraient eu beau avoir toute la volonté du monde, qu'ils n'auraient pu rien faire pour elle. La justice traquait les mangemorts et elle ne voulait rien d'autre que de les savoir en prison ou exécutés. Elle n'aurait eu qu'à fouiller le manoir pour certainement trouver des preuves tangibles et les embarquer tous dans les cachots humides d'Azkaban. Au mieux, ils auraient été confinés dans le Manoir, réduits des oiseaux dans une cage dorée, mais déshonorés et fuis de toute la population. Voldemort était son fléau, l'instigateur de toute cette merde qu'elle traînait derrière elle depuis l'âge de onze ans. « Par Merlin si tu savais ce que j’aurais pu faire pour toi à l’époque Cali. » Cette phrase qui fait se lever sa tête. Malgré la dureté des intonations, il y a les mots. Les mots qui prouvent qu'ils n'avaient pas été que de simples camarades de classe. Qu'ils avaient partagé quelque chose de tellement plus fort, d'intimement plus intense. Qu'il avait été l'ami le plus fidèle, le plus courageux, le plus honnête. Elle voudrait prendre sa main, le regarder droit dans les yeux. Mais elle n'en avait pas le droit, elle se faisait violence parce qu'elle ne méritait pas cette attention de sa part. Parce qu'elle avait gâché leur amitié pour en créer une nouvelle ailleurs. Elle ne regrettait pas Jude, elle regrettait ce qu'il n'y avait plus eu avec Mateusz. Elle regrettait cette conduite irrespectueuse qu'elle avait pu avoir envers lui. Elle regrettait tellement de choses. « Je ne le méritais pas. Je ne méritais pas cette considération de ta part. Pas après tout le mal que je t'ai causé. » Elle ne dira rien de plus à ce propos. Il a beau n'avoir jamais mentionné cet aspect de leur amitié, elle le voyait dans la lueur de ses yeux. Elle voyait dans ces ondulations amères qui s'échappaient de sa bouche. « Pourquoi est ce que tu es revenue ? » La question à dix mille gallions. Pourquoi ? Mais il y avait tant de raisons. « Malgré l'injustice qui règne dans les bureaux du Ministère, je n'ai jamais vraiment perdu foi en ma liberté. J'ai toujours eu l'espoir de pouvoir enfin me débarrasser de ce nom qui m'oppresse depuis mes onze ans. Parce que je voulais pouvoir vivre enfin. Parce que deux ans en France m'ont rappelé que j'appartenais à ce monde et que je ne voulais pas le fuir éternellement, quitte à vivre clandestine jusqu'à la fin de ma vie. Parce qu'il y a des gens que j'ai abandonné ici, il y a six ans et que je tenais à pouvoir un jour demander leur pardon. » Tout en terminant sa litanie, elle se tourne véritablement face au garçon aux boucles folles. Calista plante son regard iceberg dans le sien, pour la première fois, véritablement. Essayant de communiquer ce qu'elle peut, comme elle le peut. Essayer de dépasser l'amère colère qui ronge les iris bruns de son vis-à-vis. « J'espère que tu me pardonneras un jour, peut-être. » Puis les yeux bleus viennent s'accrocher aux particules de poussière qui s'amoncellent sur le vieux parquet boisé. Elle ne s'attend pas vraiment à quelque chose. Tout a été dit, ou presque. Elle s'imagine qu'il doit avoir encore quelques petites choses à exprimer mais elle, de son côté, n'a plus rien à laisser s'échapper. Le poids sur son coeur ne s'est pas allégé tant que ça, au final. Parce qu'il y a toujours cette culpabilité en pensant à la silhouette que ne se tient qu'à quelques mètres d'elle. Cette culpabilité d'avoir détruit quelqu'un qui tenait à elle, à qui elle tenait, que le destin et la vie ont éloignés, pour un moment.
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MessageSujet: Re: « an inexpected customer » — mateusz ♥ TERMINÉ   Ven 29 Jan - 22:44

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Comment avaient-ils pu en arriver là ? Alors que Cali s’époumonait, perdue, coupable, Mateusz mesurait l’absurdité du conflit. Fut une époque, dans les couloirs du Poudlard, quelques mots auraient mis un terme à cette affaire. Comme à son habitude après s’être adonné au jeu le plus tentant du monde, pousser à bout son amie si facile à titiller, avec un sourire goguenard l’ancien Gryffondor lui aurait glissé « Tu as vu dans quel état du te met ? » et cela aurait suffi à Calista, trop fière pour s’avouer vaincu, à se calmer non sans le corriger à coup de coup de coude dans les côtes. Si seulement il avait pu murmurer cette phrase ce soir peut être la pesanteur de l’instant aurait explosé en éclat et deux jeunes adultes auraient pu profiter du simple fait de s’être retrouvé, seulement il n’était pas sûr d’en avoir ni le courage ni l’envie. Mateusz réalisait pourtant qu’il avait presque oublié la saveur de ce souvenir, la chaleur qu’il dégageait et le réconfortait, puisque tous ces moments de complicités il les avait détruits à partir de l’instant où il avait décidé qu’il fallait lui en vouloir et ne pas lui pardonner. Mais la revoir, lui parler, tout cela avait réanimé quelque chose en lui et toutes les petites voix qu’il avait fait taire avec difficultés lui faisait réentendre la magie d’une connexion qu’ils avaient partagé un jour. Il fallait maintenant mettre à mort l’idée à laquelle il refusait de donner vie, et si il était possible de la retrouver maintenant qu’elle était de retour dans sa vie ?

Tout s’était enchainé si vite. Elle avait émergé la, au milieu de la nuit, à peine avait-il pris le temps de s’en remettre qu’elle lui révélait déjà la vérité, celle qu’il attendait depuis six ans. Six ans. Cela faisait-il une éternité qu’elle s’en était allé ou était ce hier qu’on lui avait annoncé sa disparition ? L’ancien Gryffondor secoua la tête, fatigué par ses propres pensés, par ce comportement qu’il avait, cette ligne directrice qu’il ne tenait pas. Il sentait déjà que cette force de conviction dont il était si fier flanchait, qu’il se pourrait bien qu’il ne tienne pas tout à fait sa promesse de ne jamais lui pardonner. Il ne voulait pourtant se laisser émouvoir par ces retrouvailles surprise au gout âpre, il ne voulait pas non plus se laisser amadouer, se mettre à sa place comme elle lui demandait indirectement. Il voulait camper sa position et voir les choses de son point de vue, ne pas laisser l’autre l’influencer, s’en tenir à sa rancune. Il fallait qu’il attende plus si elle voulait qu’il revienne dans sa vie. Le voulait elle seulement ? N’était-ce pas lui qui espérait un peu trop lui avoir manqué autant qu’elle avait laissé un grand vide dans sa vie ?

Étrangement il se calme. Plus Cali s’énerve et plus sa propre tension s’évapore. C’était souvent le cas, pour retrouver la maitrise de la situation il laissait le luxe à l’interlocuteur de craquer, lui n’avait plus qu’à reprendre le fil sans se faire ronger par la colère. La vérité c’est que si il avait s’agit de quelqu’un d’autre, sans doute n’aurait il pas tenu le même discours qu’il avait adressé à son ancienne amie. De nature plus que méfiante avec une tendance plus qu’évidente à classer les gens dans des cases, Mateusz était l’un des premiers à ne pas voir les sang purs, qu'il assimilait un peu trop facilement aux mangemorts, d’un très bon œil et à considérer qu’un être pourri ne pouvait qu’engendrer à son tour un être pourri. Il y avait des exceptions, bien sur, mais il avait sûrement à l’époque pu tenir des discours simpliste ou il assurait qu’on pouvait difficilement aller à l’encontre de sa « vraie nature ». Il mesurait maintenant combien ces mots avaient dû être dure à écouter pour Calista qui ne partageait pas les idéaux d’un père qui lui faisait honte, mais qui entendait dans la bouche de son ami des horreurs qui la condamnait gratuitement. Il ne voulait pourtant commencer à culpabiliser, il n’était pas question d’inverser les rôles, si quelqu’un devait culpabiliser ce soir c’était elle.

- Je t’en prie Calista ne parle pas de malédiction. Le seul pouvoir de la malédiction c'est celui que nous lui donnons, tu as toutes les cartes en main pour…

Mais il se tu, faisant un bref geste de la main, avortant sa pensée avant que cette phrase ne lui échappe. « si tu savais ce que j’aurais pu faire pour toi à l’époque Cali. » Tant de choses. Plus qu’il ne voulait l’admettre et au fond elle le savait. Et pendant qu’elle lèva les yeux vers lui il détourna les siens. Elle lui répondit alors, et les mots qu’il entendit étaient sûrement ceux qu’il s’était répétés toutes ces années. Pourtant, alors qu’elle les prononçait, que cela aurait dû mettre un terme à tout, ce n’est pas du soulagement qu’il ressentit mais un profond agacement.

- Content de te l’entendre dire, oui, peut-être bien que tu ne le méritais pas.


Aurait-il préféré qu’elle ne s’excuse pas ? Qu’elle ne le concède pas ? À entendre l’intonation de sa voix on pouvait se poser la question. Pourtant Mateusz regretta presque instinctivement sa réponse mais comme il était hors de question de le reconnaitre il préfèra alors en poser une autre. Le grand pourquoi.

Et pendant qu’elle lui répondait, la jeune fille se rapprochait, pour la première fois elle lui fasait face et leurs regards furent bien forcés de se croiser. Il aurait voulu avoir la force de l’ignorer, ou de le soutenir avec la plus grande supériorité, mais rien de ça… Juste un éclat de tristesse et d’incompréhension devaient briller dans ses prunelles sombres ce qui encore une fois animait sa colère.

Sa dernière phrase raisonna dans la pièce, son espoir qu’il lui pardonne, lancé dans la pénombre de cette chambre poussiéreuse sans attendre de réponse dans l’immédiat. Alors que les iris bleus le libérèrent du contact visuel, Mateusz baissa son regard vers la main qui refermait la canne en bois qui lui servait d’appui. Il ne savait pas vraiment quoi répondre à ça ni plus comment réagir. Tout était si insensé au fond, inespéré aussi. Il repris pourtant, s’asseyant au coin du lit.

- Alors va au ministère, règle cette histoire une bonne fois pour toute. Décline ton identité, dis leur qui tu es, finis en avec ce nom et… Pars en paix ou diable tu voudras. S’il le faut je t’accompagnerais là-bas.

Mateusz ne voulait pas commenter plus cette proposition. À Cali de l’accepter ou non. Il n’avait pas vraiment réfléchi, cela n’empêchait qu’il ne reviendrait pas sur ces mots. Si l’ancienne Serdaigle avait besoin qu’il soit à ses côtés pendant qu’elle se rendait au bureau du ministère en quête de sa liberté il le serait, c'était aussi simple que ça.

- Au pire quoi ? Tu témoigneras, tu passeras au tribunal. Heureusement pour bien des sorciers je ne fais pas partie du mangenmagot, alors crois-moi tu vas t’en tirer facilement il n’y a pas de raisons. Ils n’ont aucune preuve d’une prétendue culpabilité à ce que je sache ? Tu n’as rien fait de compromettant ? Bon. Alors depuis quand on jette des innocents à Azkhaban, si même des coupables sont relaxés…

Détendant sa jambe blessée en grimaçant, perdu dans ses pensées alors que d’une main distraite il frottait son genou engourdi, Mateusz finit par relever la tête vers la silhouette qui lui tournait dos et sans même lui laisser le temps de répondre à sa proposition, il continua.

- Si tu n’étais pas tombé sur moi par hasard, tu n’aurais même pas recherché à me retrouver j’imagine ?

Le ton est à nouveau moqueur, légèrement accablant et un brin accusateur. Il ne cherchait même pas à ce qu'on le contredise il connaissait déjà la réponse, il voulait juste l'entendre à voix haute en espérant qu'elle lui épargne les commentaires sur la difficulté de sa situation. Ca il l'avait entendu, mais là il était question d'autre chose et quelque part il éspérait qu'elle l'entendrait.
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    Mateusz Bishop ◇ And in her eyes you see nothing, no sign of love behind the tears, cried for no one a love that should have lasted years. ©️endlesslove

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MessageSujet: Re: « an inexpected customer » — mateusz ♥ TERMINÉ   Sam 30 Jan - 15:08

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Il y avait là tant d'amertume, tant de colère qui faisait luire les orbes brunes du jeune homme. Un amas de souvenirs dérangeants, de déceptions, qui tournoyaient dans ces prunelles presque dissimulées sous les boucles sombres. Ce visage aux courbes douces, ce visage fermé et tiraillé, figé dans une expression qu'elle n'aurait jamais voulu retrouver. Cette mâchoire serrée, presque forcée, dénotant d'une explosion indéterminée. Pourtant, il gardait son calme, autant que possible. Elle se souvient des envolées verbales dont ils avaient été capables, au fil des jours, se calmant instantanément après une simple phrase prononcée. La situation dans laquelle elle se trouvait, c'était celle qu'elle redoutait d'affronter à chaque visage reconnu, à chaque silhouette familière qu'elle rencontrerait. Parce qu'elle avait fui, parce qu'elle s'était envolée sans rien dire, sans laisser aucun mot. Le coeur au bord des lèvres, elle avait effacé le moindre soupçon de son existence dans ce monde. Cette inscription sur son visage, ces stigmates qui démontraient le temps qu'elle avait certainement perdu à se cacher. Le temps qui s'est égrené sans sa présence, les vies des êtres chers qui se sont construites sans elle. Et ce constat laissait un goût acide sur ses lèvres, une chape de plomb dans son estomac. Ce qu'elle aurait donné pour pouvoir rester, égale à elle-même, pour pouvoir accompagner ces êtres dans leurs chemins, pour ne pas avoir à découvrir cette douleur sur leurs minois, cette douleur d'une absence, cette douleur d'une histoire, d'événements. Événements dont elle ne connaissait rien d'autre que les cicatrices qui barraient son visage pâle.

« Je t’en prie Calista, ne parle pas de malédiction. Le seul pouvoir de la malédiction c'est celui que nous lui donnons, tu as toutes les cartes en main pour… » Elle passe une main dans ses cheveux, l'hirondelle, pestant presque contre cette couleur de lune qui dérange tant. Parce qu'elle est un autre reflet de son échappée sauvage, parce qu'elle est encore un signe de cet envol clandestin. « Ce nom m'a empêché de vivre depuis l'âge de onze ans. Cacher, cacher, dissimuler, mentir, mentir encore, à tout le monde. Ne jamais ployer sous les regards, ne jamais faiblir. Ce poids sur les épaules, qui pèse de jour en jour. Oui c'est une malédiction, parce qu'elle s'est immiscée partout, dans tous les aspects de ma vie. Regarde où j'en suis maintenant, Mateusz. » La pauvre petit serveuse enfermée dans cette taverne funeste, comme l'hirondelle dans sa cage. Réduite à fuir encore, même dans son propre pays. Parce qu'elle sait qu'au Ministère, résident des êtres qui ne veulent que savoir toute l'engeance des mangemorts dans une cellule. Et c'est cette idée qui l'effraye, qui l'effraye tant au point de ne vouloir sortir de cette situation. Parce que la suite et la clandestinité sont préférables à l'enfermement et la réclusion. Et les mots qui suivent viennent porter un coup, une blessure. Parce qu'ils s'ajoutent à la pensée douloureuse et confirment celle-ci. Ce trou béant, cet écart immense qu'elle avait fabriqué en abandonnant ce garçon au profit d'un autre, sans le vouloir. Jude avait été un cas particulier, une amitié construite sur des disputes, des colères. Il avait été quelqu'un pour lequel il fallait prendre le temps et elle l'avait certainement trop pris. Reléguant Mateusz au second plan, inconsciemment. Mais marquant l'esprit d'un garçon à jamais. C'est ce qu'elle lisait dans ses mots, dans ses expression, dans son maintien rêche, qui n'était pas seulement causé par la canne qu'il tenait à la main.

Elle s'était libérée d'un minime ersatz de vérité. De confession, délivrant son envie de revenir, les raisons qui l'ont poussée à se tourner à nouveau vers la Grande-Bretagne. Ces visages jamais oubliés, à jamais enfermées derrière la rétine, dans l'esprit. Les souvenirs affluant les soirs de mélancolie. UN au revoir trop précipité, des liens à jamais brisés. Tandis qu'il s'assied au bord du lit, elle est debout, montrant son dos au jeune homme. Les pensées virevoltantes, bouillonnantes, l'esprit tout aussi lourd, finalement. « Alors va au ministère, règle cette histoire une bonne fois pour toute. Décline ton identité, dis leur qui tu es, finis en avec ce nom et… Pars en paix ou diable tu voudras. S’il le faut je t’accompagnerais là-bas. » Elle soupire, secoue la tête, fait quelques pas. Il serait si simple de suivre ses indications, il serait si tentant d'écouter les conseils. Mais il y a toujours cette peur, ce poison qui taraude, qui formante le doute. Et le doute reste l'ennemi principal, celui qui empêche de suivre cette vérité. Tandis qu'elle continue cette introspection, il poursuit et elle écoute avec attention, l'oreille tendue. Un sourire en coin, légèrement contrit qui se forme sur ses lèvres à l'attente de son caractère hargneux s'il avait été au Magenmagot. Elle ne lui en tenait pas rigueur, elle le connaissait, au final. Il aurait tiré toutes les cartes possibles qui inculper le criminel, sans jamais démordre. Sa pensée est tellement dénuée de vice, de ténèbres, quand il parle. C'est comme raviver une flamme sous les braises de son pauvre petit coeur. Pourtant, un coup d'eau, parce qu'elle est certainement beaucoup plus pessimiste. Il n'y a pas que des personnes charitables et vraies, là-bas. Il y a des gens hauts-placés qui ne veulent qu'écrabouiller la vermine, qui ne veulent rien entendre des protestations, des preuves. « Si tu n’étais pas tombé sur moi par hasard, tu n’aurais même pas recherché à me retrouver j’imagine ? » Calista croise les bras, droite comme la justice, sans se retourner. La nuit est noire, rares sont les étoiles qui brillent, d'après la visibilité de la vitre embuée. « C'est une idée tentante, si tu savais. Si je t'écoutais, je me jetterais au Ministère dès demain matin pour réclamer justice. Si je m'écoutais, je continuerais cette vie, parce qu'elle est préférable à l'idée d'être ignorée par le Magenmagot et jeté dans une cellule pour la simple raison que je porte le nom d'Asquith. Alors écoute-moi bien, Mateusz Bishop, parce que je mets ma fierté de côté et que ce sera la seule et unique fois : j'ai peur. Putain, je flippe rien qu'à cette idée. La liberté, c'est quelque chose que j'ai toujours voulu, que je n'ai jamais eu. Et ce monde est tellement hostile que je ne sais qui sera là pour juger de la question, si je décide d'y aller. Si ce seront des gens bien intentionnés ou non, c'est ce doute qui me fait peur, tu comprends ? »

Elle se livre, elle vient dévoiler des choses qu'elle n'aurait jamais voulu exprimer à voix haute, même devant lui. Ses bras viennent enlacer sa taille parce qu'elle frissonne, parce qu'elle se fait peur à elle-même également. À se montrer sous un jour plus faible, impuissant. À dégager cette impression de dureté, de force qu'elle dégage depuis toujours. à se rappeler les innombrables soirs à déverser quelques larmes, seule dans son lit aux tentures bleu et bronze. Puis vint le moment de répondre à la fatale question. Parce que la réponse était sans équivoque, parce qu'elle faisait aussi mal qu'elle était réaliste. Parce que la vérité était toujours plus douloureuse que le mensonge, en règle générale. « Non, je ne l'aurais pas fait, je t'épargne à nouveau toutes les raisons qui m'auraient poussé à cela. » Elle soupire, tourne son visage vers la lumière de la bougie, dévoilant la moitié de son visage à la vue du jeune homme. Les lèvres pincées, les yeux dans le vague, dans une contemplation aveugle du mur en lambris sombres. « J'aurais simplement cherché à savoir si tu allais bien, si tu étais heureux. » Tout est dit dans la plus grande simplicité, parce que tout était véridique. Elle aurait fait de même pour toutes les personnages qui possédaient une place, un siège, à l'intérieur. Scrutant sans relâche pour obtenir des informations afin de voir savoir qu'ils étaient en vie, qu'ils était en bonne santé. Malgré son absence, elle voulait qu'ils soient heureux, que ce soit avec ou sans elle. Mais elle ne lui dirait pas, parce qu'elle ne voulait pas qu'il se pense comme les autres. Il y avait quelque chose, il y avait toujours eu ce paradoxe immense qui constituait ce garçon. Il était amer et moqueur, il était des paroles accusatrices, dégoulinantes de sarcasme. Pourtant, il lui proposait son aide, lui proposait de l'accompagner si elle décidait d'aller au Ministère. Un léger sourire qui étire ses lèvres, finalement. « Je vais réfléchir à ce que tu m'as dis. Je ne te promets rien, mais j'y réfléchirai. Si jamais je me décide, tu seras toujours d'accord pour m'accompagner ? » Ses mots sont placides, ses lèvres pincées. Elle ne veut pas faire passer ces paroles pour une supplique, elle ne veut pas de pitié, elle ne veut rien faire passer. Elle veut vérifier qu'il ne dit rien en l'air, bien qu'elle doute que ce soit le cas. Il avait toujours été très franc. La plante de ses pieds lui est douloureuse à force de longues heures passées debout, elle s'assoit sur le fauteuil où il se trouvait précédemment. Étendant ses longues jambes serties de tissu noir, comme à son habitude. Bras posés sur les accoudoirs, son menton posés sur ses doigts entremêlés. Après ça, c'est le néant. Trop d'années passées sans informations, sans motifs de discussions. Après tout ça, il est difficile de poser des questions. Hors de question de lui demander comment il peut se sentir quand on voit les stigmates sur son visage et la canne dans sa main, il serait capable de se renfermer comme une huître. Pourquoi demander des nouvelles d'une famille, d'amis ? Cela serait comme jeter sa fuite à nouveau sur le tapis. Alors elle se tait, elle observe le visage désormais face à elle. Tout en se demandant secrètement comme va se dérouler la suite, s'il décidera de s'en aller ou de rester un moment. S'il décidera de lui accorder du temps, s'il décidera de décamper pour digérer l'amas d'informations.
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MessageSujet: Re: « an inexpected customer » — mateusz ♥ TERMINÉ   Jeu 4 Fév - 15:19

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Deux choix s’offraient à lui, deux choix simples. Le premier, faire une croix définitive sur elle, comme c’était encore le cas il y a de cela quelques minutes avant qu’il ne la retrouve. Partir et ne pas chercher à la recontacter, emporter avec lui ses explications et ne pas aller plus loin. Le deuxième, réintégrer Calista Asquith dans sa vie, passer au-dessus sa rancœur et faire avec l’idée qu’elle n’aurait jamais fait la démarche, elle, de le retrouver. Certes il ne l’avait pas cherché non plus, avait assez rapidement abandonné la partie quand elle avait disparue, pour autant ils n’étaient pas quittes à son goût. Mateusz cependant avait parfaitement conscience que ce choix il ne le ferait pas ce soir, pour une fois il n’avait pas envie d’agir sur un coup de tête et avait conscience que s'il agissait sous l’impulsion du moment il serait amené à prendre une décision qu’il regretterait peut-être. Il n’avait ni le recul ni la force nécessaire pour juger ce qui serait préférable pour lui et il n’avait qu’une envie maintenant, prendre de la distance. En restant dans cette pièce face à une Cali qui lui montrait pour la première fois ses faiblesses, qui baissait sa garde et lui confessait avoir peur, il ne se savait que trop apte à lui pardonner une chose qu’il s’était toujours interdit d’excuser. La vitesse irréaliste des retrouvailles et de la confession ne devaient pas brouiller ce qu’il se refusait de perdre de vue, aussi le plus raisonnable était sûrement de s’arrêter là pour ce soir.

Secouant la tête avec un rictus moqueur, il se désigna vaguement et releva les yeux vers elle. « Et bien comme tu vois tout vas pour le mieux. J’espère que ça t’aidera à mieux dormir ce soir. Sincèrement, qu’est-ce que ça aurait bien pu changer que tu apprennes le contraire ? » Et voilà qu’il recommençait à être désagréable… Seulement cette intervention l’irritait. Il se rendit compte qu’il ignorait depuis combien de temps Calista était employée dans l’établissement, si cela remontait à quelques mois elle sous-entendait que des nouvelles, elle n’en avait pas encore prise puisque de toute évidence elle n’était pas au courant avant ce soir de l’état dans lequel il se trouvait. Il lui était donc plus agréable de croire qu’elle revenait tout juste de sa fugue. Heureux ? Il ne l’était pas. Absente elle par contre elle l’était, et si elle avait donc appris qu’il se morfondait dans la maison de sa sœur il répétait la question, qu’est-ce que cela aurait bien changé ? Mateusz s’interdit alors de réfléchir trop sur la question, il s’était imposé du recul et de la réflexion, deux choses qui ne faisaient pas partie de ses habitudes, il était si facile de parler sans réfléchir aux conséquences…

« Je serais là pour t’accompagner mais ne réfléchis pas trop, c’est la bonne décision il n’y a pas à tergiverser. » Soupira t’il en se redressant, attrapant sa canne tout un gardant un œil sur elle, assise dans le fauteuil. « Ils ne te jetteront pas à Azkhaban à cause d’un nom, je peux te l’assurer. » Il y avait bien des injustices dans ce monde mais on ne compterait pas celle-ci. Engourdis par ses peurs, par ces scénarios catastrophe, Cali s’était persuadé que son nom était un passeport direct vers la plus sombre des prisons du monde sorcier mais il n’en était rien et il fallait la ramener à la raison. « Ce n’est pas un patronyme qu’ils jugent, c’est la personne qui est derrière. » Conclut-il, espérant quelque part la convaincre un minimum.

Pourquoi s’était-il proposé de l’accompagner ? D’aucuns auraient été en droit de se poser la question. Derrière ses airs cinglants et taciturnes, il n’avait jamais vraiment réussi à dire non à quelqu’un qui avait besoin d’aide. Peut-être pour attirer les faveurs, pour avoir une sorte d’ascendant ou collectionner les dettes qu’on lui devait en retour, peut-être tout simplement aussi parce qu’il avait un cœur plus grand que ce qu’il ne voulait soupçonner. Toujours est-il qu’il était convaincu qu’il fallait qu’il l’accompagne, que le chapitre ne serait terminé qu’à cet instant-là de l’histoire, qu’il ne pourrait aviser qu’après cet acte accompli. Cela lui donnait aussi une excuse pour revoir Cali, mais il chassait cette pensée-là. Et puis, la balle était dans son camp, c’était à elle maintenant de faire la démarche de le contacter si elle voulait de son aide. Il n’était pas de ceux qui répétaient les choses deux fois, il n’insisterait pas.

« Il vaut mieux qu’on arrête là pour ce soir, retourne en salle je ne voudrais pas que le patron le moins regardant de l’histoire te renvoie, si même celui-là ne te veut plus sous son toit on ne pourrait plus grand chose. » s’hasarda t’il en souriant doucement, évitant de détailler trop longuement le visage qui lui faisait face comme s'il était certain qu’il pourrait être amené à dire ou faire quelque chose qu’il pourrait regretter s'il croisait à nouveau les iris pâles de la jeune femme. Ils ne pourraient pas jouer au jeu du "qu'es tu devenus?", il sonnerait faux, il n'avait aucune envie de se plier à l'exercice ce soir. Mateusz jugeait préférable de leur laisser le temps, de se laisser le temps, faire la conversation sans prendre en compte tout ce qu'ils venaient de se dire, il doutait d'en être capable; alors mieux valait écourté cet échange imprévu. S’avançant vers le fauteuil, il posa une main sur l’épaule de celle qu’il avait perdue, regarda un instant ses doigts glissés le long de son bras fin et retira son geste. Pas plus de cérémonie, pas plus de mots, s'il s’avérait qu’ils ne se recroiseraient plus après ce soir il préférait partir la dessus. Après un bref signe de tête, Mateusz poussa la porte de la chambre, traversa dans le sens inverse le couloir et regagna la taverne. L’ambiance qui y régnait était d’une telle inadéquation avec le rythme de ses pensées qu’il préféra se retirer, récupéra son manteau et s’en alla affronter le froid.

Une fois à l’extérieur, il se demanda presque s'il ne venait pas d'imaginer tout ce qu’il venait de se passer tant la chose lui semblait folle mais il ne jeta pas de regard derrière lui. Le destin se chargerait de réunir ou non Cali Asquith et Mateusz Bishop.
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    Mateusz Bishop ◇ And in her eyes you see nothing, no sign of love behind the tears, cried for no one a love that should have lasted years. ©️endlesslove

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MessageSujet: Re: « an inexpected customer » — mateusz ♥ TERMINÉ   Dim 7 Fév - 19:44

an unexpected client
mateusz & calixte
Calista avait tant redouté ces moments. Savant pertinemment qu'ils finiraient par arriver, un jour ou l'autre. Évoluer dans le village de son adolescence, parcourir les ruelles où s'agitaient des êtres avec lesquels elle avait partagé sept longues années, n'avoir choisi de modifier que la couleur significative de ses cheveux pour une autre encore plus ostentatoire. La seule protection véritable qu'elle possédait ne consistait qu'en une bâtisse délabrée, aux lambris poussiéreux et sombres. Une réputation de taverne lugubre, presque morbide, des fréquentations presque douteuses. La seule barrière qui empêchait le beau monde sorcier de s'inviter dans les lieux. Mais le mystère et l'inconnu siégeaient toujours derrière la porte, faisant battre son coeur à vive allure à chaque nouvelle entrée dans l'établissement. À moitié cachée, à moitié découverte. Marchant sur un fil invisible, telle une funambule penchant des deux côtés, jouant avec le feu à chaque soleil qui se levait. Tant de chances de rencontrer quelqu'un de connu, par pur hasard. Ce qui fait le plus mal, c'était de retrouver Mateusz en premier, parce que cela confrontait l'hirondelle avec la personne qu'elle avait certainement le plus blessé. La personne qui avait été au centre de ses attentions, de ses pensées, de certains rêves pendant de longues années. La personne qu'elle avait pensé la moins susceptible de lui pardonner. De lui pardonner tant cet éloignement soudain et inconscient de sa part à l'époque de leurs études tant sa disparition après le coup d'éclat ayant révélé sa condition de fille de Mangemort. Il y avait quelques autres visages qui venaient atteindre son coeur en son centre quand elle s'y laissait penser. Des visages qui étaient venus réchauffer le froid glacial qui régnait dans celui-ci, il y a longtemps. Qui avaient amené un peu de leur chaleur, de leur douceur, une loyauté à toute épreuve et une confiance aveugle en elle. Qu'elle avait altéré depuis le premier jour, avec des mensonges. Des cachotteries pour maintenir le sombre secret de sa famille intact.

« Et bien comme tu vois tout vas pour le mieux. J’espère que ça t’aidera à mieux dormir ce soir. Sincèrement, qu’est-ce que ça aurait bien pu changer que tu apprennes le contraire ? » Toujours cette amertume qui vient glisser son poison dans ses paroles. Qui venaient atteindre et toucher leur cible avec une justesse qui l'avait toujours fait friser l'hystérie. Ce pouvoir sur les mots, de pouvoir tourner ceux-ci d'une telle manière qu'elle se sentait comme lacérée de l'intérieur. Elle soupire, elle passe à nouveau une main lasse dans sa chevelure blonde. Avec cette envie dérangeante de défaire le sortilège qui dissimule la noirceur originelle de sa crinière. Parce que de toute manière, dans cette pièce, ne sert de se cacher. « Arrête avec ton venin, je pense que tu en as suffisamment craché ce soir. Qu'est-ce que ça aurait bien pu changer ? Je n'en sais foutrement rien. Je n'ai jamais pensé à ce que serait mon futur, Mateusz, parce que j'ai l'impression de ne pas en avoir. Alors si celui des gens auxquels je tiens, malgré tout, est heureux, cela me suffit. » Les yeux baissés, le regard fuyant, elle débite ces mots. Lassée, fatiguée du comportement vicieux et blasé de son vis à vis. Qui est étrangement justifié pourtant, mais trop insistant pour être sincère. Le gryffondor avait toujours eu cette manière de forcer sa colère pour se protéger, s'en entourer comme d'une couverture pour s'éloigner de la douleur, des pensées qui dérangent. La bonne décision. Il lui disait de ne pas tergiverser mais c'était comme demander à la Terre d'arrêter de tourner sur elle-même. La réflexion était une partie intrinsèque d'elle-même, un fait inaltérable que personne n'aurait pu lui enlever. Ce besoin maladif de réfléchir à tout, à toutes les éventuelles possibilités, à toutes les hypothèses concevables. Même les plus étranges, même celles qui avaient le moins de chance de se réaliser. Les scénarios les plus fous, les moins potables. Ce qui créait certainement cette peur profonde de se rendre au Magenmagot. Pourtant, il la poussait avec cette conviction puissante qu'elle ne serait pas jugée sur son nom. Qu'elle n'avait aucun acte poussant à la culpabilité et à la condamnation. Et cette minuscule flamme qui jaillissait d'entre les braises. « J'espère sincèrement que tu as raison. » Elle l'espérait vraiment, parce qu'elle mettait sa vie et sa liberté en jeu sur ses dires à lui et à lui seul. D'autant plus, sans vouloir se l'avouer vraiment, c'était une occasion pour le revoir une seconde fois. Ce n'était pas une question de pardon, de faire ses preuves, il n'était du genre à accepter ce genre de choses. Mais son instinct la poussait vers lui, indéniablement. Pour une raison qu'elle se refusait à éclaircir.

« Il vaut mieux qu’on arrête là pour ce soir, retourne en salle je ne voudrais pas que le patron le moins regardant de l’histoire te renvoie, si même celui-là ne te veut plus sous son toit on ne pourrait plus grand chose. » Elle esquisse un sourire jaune, contrite. Même dans un ersatz d'au revoir, il se permet de piquer. Pourtant, il y a là un léger sourire sur ses lèvres, presque maladroit. « Il est vrai que cela serait plutôt compliqué. Cela serait dommage que je sois encore obligée de fuir, n'est-ce pas ? » répondit-elle, avec une mimique semblable à la sienne, une sorte de moquerie étrange, embarrassée. Le temps était venu de la fin, pour ce soir. Ils avaient échangé tout ce qu'il y avait à se dire, avaient trouvé la force de délier leurs langues de cette rancoeur lointaine pour l'un, de cette fuite clandestine tenue secrète pour l'autre. Il y avait ce silence qui marquait un arrêt, qui marquait le tournant vers une nouvelle page de leur histoire. Ils avaient déversé tout ce qui tenait le coeur en otage depuis si longtemps et il était préférable de rester à cela pour le moment. Prendre un temps de recul, pour réfléchir, évaluer, faire le point sur tout ce qui venait d'être énoncé dans la lueur tamisée d'une bougie et des effluves de poussière. Mateusz s'était levé tandis qu'elle restait prostrée dans son fauteuil rembourré. Une main tiède qui se pose sur son épaule, laissant passer une certaine chaleur jusqu'à sa peau, à travers le tissu de son pull. Qui longe son bras frêle et délicat, qui vient chatouiller ses nerfs. Un frisson qui l'étreint alors que ses paupières se sont refermées sur ses yeux iceberg. Un geste qu'elle ne l'aurait jamais pensé se permettre, surtout maintenant. Un sourire qui vient étirer ses lèvres, discret. Un souffle au coeur, comme une bourrasque d'espoir. Et cela disparut aussi vite que ce fut arrivé. Sans plus de précipitation. Un instant éphémère qui venait de s'ajouter à sa conscience, à sa rétine. Venant enflammer ses sens d'un seul mouvement. Pourtant, elle ne poursuit pas la silhouette qui disparaît derrière la porte. Elle attend d'entendre les pas diminuer d'intensité pour enfin disparaître. Essayant de réduire au silence les battements effrénés de son membre battant follement dans sa poitrine. Le frémissement du bras touché, le tremblement de ses lèvres. Puis elle fait comme chaque jour où la peur et le doute s'installent. Elle serre son poing si fort que ses ongles viennent meurtrir sa paume de main et elle inspire profondément. Expire longuement avant de se lever et de rejoindre la salle. Un regard porté pour la vieille femme qui l'observe avec inquiétude. L'hirondelle répond avec un sourire avant de retourner à sa place qu'est le comptoir. Les pensées ailleurs, très loin. Tournant autour d'un visage aux boucles brunes. Pourtant la vie continue. Et elle devrait faire son choix rapidement si elle voulait avoir la possibilité de revoir Mateusz Bishop dans des conditions favorables. Pourtant la vie continue, à Pré-au-Lard. Et Rosie Jones doit retourner au travail, malgré le tourbillon qui l'emprisonne dans le doute et les questionnements. Parce que l'horloge continue de tourner et que la vie continue d'avancer. « Bonsoir. Est-ce que je peux vous servir quelque chose ? »
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