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 Maléfice ou maladresse ? • Mateusz

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MessageSujet: Maléfice ou maladresse ? • Mateusz   Sam 23 Jan - 23:41




       Mateusz & Winona
       Maléfice ou maladresse ?
S
a jambe n’arrêtait pas de tambouriner de manière compulsive sur le carrelage. Elle voyait sa collègue d’en face lui lancer des œillades d’exaspération environ toutes les trente secondes, mais Winona ne pouvait rien faire, elle était presque sûre qu’on avait lancé un maléfice à sa jambe gauche. Elle avait beau l’immobiliser, dix secondes plus tard elle s’apercevait qu’elle s’était déjà remise à bouger toute seule. Elle ne l’expliquait pas, trop pris dans son travail pour mettre cela sur le dos de ses pauvres petits nerfs qui partaient en vrille en ce début de journée. Son attention se concentrait notamment sur trois pôles différents du bureau : le premier était l’énorme tâche qui ornait sa jupe, le deuxième la porte du bureau de son patron et enfin la pile de dossiers qui se dressaient en face d’elle. Pour résumer sa matinée, on pourrait en effet se concentrer sur ces trois éléments.

Depuis qu’elle vivait à Londres, Winona, sorcière qui connaissait que très évasivement le monde moldu, était de plus en plus confrontée à eux. Elle s’était prise soudainement de passions pour ses voisins et s’était mise en tête de suivre les habitudes si étranges de ces gens. Elle pouvait rester des heures à parcourir les rayons de supermarché, notamment du côté des produits ménagers, elle tentait toujours de comprendre l’utilité de certains produits qui lui semblaient parfois parfaitement inutiles. Elle s’était prise de passion pour le café moldu et s’était empressée d’acheter une machine à café électrique, elle adorait le bruit que faisait l’engin, elle avait même décidé de s’acheter ce qu’ils appelaient un mug isotherme pour pouvoir transporter la boisson avec elle au bureau. Tout le monde la regardait avec des gros yeux d’étonnement lorsqu’elle la sortait de son sac, mais cela lui plaisait, elle trouvait que cela donnait du style et puis elle voyait toujours ces moldus pressés dans les rues en avoir un à la main. Bien sûr, comme elle se rendait au bureau en transplanant elle ne pouvait pas les imiter mais elle aimait s’imaginer être une femme d’affaire moldue. Alors parfois il lui prenait carrément, dans un élan d’excitation, de faire le tour du quartier avec son mug à la main, comme si elle se rendait au travail. Bref, tout cela pour en arrivé au malheureux accident qui lui était arrivé ce matin : en transplanant, mug à la main, elle s’était retrouvée, arrivée au Ministère, avec du café sur sa jolie jupe blanche. Autant dire qu’elle s’était maudite, elle et ses lubies ridicules. Mais le pire restait qu’elle avait beau user du sortilège de Tergeo, la tâche ne partait pas. Satanés moldus !

Ce petit incident avait commencé à la mettre dans un état de nerf calamiteux, elle avait franchi le seuil du bureau en maugréant un bonjour avant de venir s’installer à sa place. Elle avait gardé son trench beige sur elle pour camoufler sa tâche. Elle avait commencé à se mettre au travail quand un Barty Crouch apparemment de mauvais poils était apparu pour déposer une pile de dossiers sur le bureau de sa chère secrétaire. Elle l’avait regardé en haussant un sourcil interrogatif et il lui avait expliqué qu’un groupe de Mangemorts avaient été attrapés cette nuit, puis avait ajouté : « bref, vous savez ce que vous avez à faire. » Elle avait donc du boulot sur la planche, et comme elle ne rigolait pas avec ces choses-là, elle se mit tout de suite au travail. Mais voilà, aujourd’hui n’était décidément pas son jour et elle n’arrivait à rien de productif. Cela lui était souvent arrivé depuis le procès de Fergus, et elle commençait à apprécier de moins en moins les petites remarques de Mr Crouch qui ne cessait de lui conseiller de prendre du repos. Elle allait prendre du repos et puis quoi ? Ils allaient finir par la remplacer. Elle avait fait une gaffe en laissant ses sentiments prendre le dessus lors d’une audience, alors c’était bon, elle était cuite. Elle en était persuadée.
Elle préféra donc se donner un coup d’étrier au lieu de se transformer en carotte, et ouvrit l’un des dossiers qui concernaient un des Mangemorts. Mais dès qu’elle vit la photo de l’accusé et reconnu un camarade de Poudlard, elle le referma aussi sec. Elle était presque sûre qu’il était ami avec Fergus à l’époque… Ou peut-être qu’elle confondait ? Elle ne savait plus où donner de la tête. Elle se mit à feuilleter un autre dossier en attendant.

« Winona ? » L’appela sa collègue. « Tu viens manger ? Je rejoins Victoria et Tracy pour déjeuner. » La Crane regarda sa collègue avec son petit sourire froid, et refusa comme à son habitude. « Non merci je n’ai pas faim, peut-être une prochaine fois. » De toute façon, elle avait horreur de ces deux dindes qu’elle fréquentait. Elle garda cette pensée pour elle tout en reprenant sa lecture du dossier, il fallait qu’elle retienne absolument tout avant l’audience.
Habituellement, elle adorait quand elle se retrouvait enfin seule au bureau, c’était d’ailleurs pourquoi elle aimait rester jusqu'à tard le soir. Mais aujourd’hui, elle était tellement distraite qu’elle n’arrivait même pas à en profiter. Elle tenta une nouvelle fois, en brandissant sa baguette, de nettoyer sa tâche, mais rien n’y faisait… On lui avait décidément jeté un maléfice ce matin. Qu’est-ce qui allait encore lui arriver pour ne pas améliorer sa journée ? Elle était prête à tout.
Elle avait parlé trop vite… Quelques secondes plus tard, elle entendit toquer mais elle n’était pas du tout préparée à découvrir cet individu passer la porte.
WILDBIRD
   

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MessageSujet: Re: Maléfice ou maladresse ? • Mateusz   Mer 3 Fév - 12:12




       Mateusz & Winona
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es mains entouraient une tasse qui avait perdu toute chaleur, à force d’attendre le breuvage avait refroidi et, déjà infect, il doutait dorénavant de pouvoir boire l’intégralité de son contenu. L’objet cependant lui donnait une excuse pour rester assis là et lui offrait le confort d’un répit avant d’attaquer les choses sérieuses. Mateusz n’avait pas quitté son manteau, placé près de la fenêtre d’une petite enseigne moldu, il fixait l’extérieur pour éviter les regards des clients attablé qui le dévisageait avec une curiosité mal placé. Moins habitué que les sorciers à voir un jeune au visage si abîmé, chacun d’entre eux était en train de songer sans doutes un scénario à la hauteur de leur imagination. Une bagarre qui avait mal tourné, un vulgaire accident de voiture, un pari idiot, ils étaient sûrement tous en train de condamné une jeunesse un peu trop folle prête à tout pour attirer l’attention et qui en payait les conséquences. Ils étaient si loin du compte. Mateusz tenta de boire une gorgée, grimaça, reposa la tasse, abandonna définitivement.

Derrière l’établissement se trouvait une cabine téléphonique dans une ruelle peu fréquentée et Mateusz pouvait se targuer d’être le seul dans cette salle à connaitre la réelle utilité de cette dernière. Un peu plus tard, quand il aurait décidé que le moment était venu, il quitterait le lieu, s’engouffrerait dans la cabine et rejoindrait le ministère de la magie. Ce serait ses premières retrouvailles avec cet ancien lieu de travail qu’il ne s’était pas hasardé à fréquenter depuis qu’il avait été blessé. Sa lettre de démission, il l’avait envoyé par hiboux, ses anciens collègues, il ne les avait pas revus. Pour une raison qui lui échappait partiellement il avait évité à tout prix de se reconfronté au bâtiment, retardait indéfiniment son retour, mais aujourd’hui il avait eu un de ses élans qu’on ne contrôlait pas, avait annoncé à Camilla qu’il partait à Londres sans donner plus de détails et avait transplané avec un objectif en tête. Il n’avait pourtant pas été directement au but en se retrouvant directement dans le large hall de l’imposante structure, non, il avait fait en sorte de se retrouver tout à côté de l’une des entrées comme s'il lui avait manqué un peu de courage pour faire le grand saut sans hésitation. Enfin, il avait une autre excuse, quelque chose à se procurer avant de rejoindre les bureaux.

Se redressant à l’aide de sa canne, le garçon se fraya un chemin vers le comptoir, fouilla une large poche dans son manteau et sortit quelques pièces moldu dont il ignorait la valeur. La serveuse qui avait l’air de s’ennuyer autant qu’elle semblait ennuyeuse releva les yeux vers son client avant de les détourner d’un air embarrassé, alors, ne lui laissant pas le luxe de bredouiller la moindre chose, Mateusz lui commanda un « café à emporter ». Il l’avait dit avec une application telle que son interlocutrice lui avait jeté un bref regard noir, pensant sûrement qu’il se moquait d’elle et trouvant son ton bien irrespectueux, le garçon pourtant avait juste cherché à se faire comprendre, ayant vaguement retenu la manière dont les moldus demandaient leurs boisson il n’était pas certain de la prononciation et espérait qu’on lui serve ce qu’il espérait. Après avoir versé le liquide sombre et odorant dans un gobelet en carton, la peu loquace serveuse le tendit au client et pendant qu’elle fouillait dans sa caisse pour lui rendre la monnaie, Mateusz eut un geste vague pour lui signaler qu’elle pouvait garder ce qu’il lui avait donné. Sous le regard médusé de la jeune femme, peu habituée à recevoir une vingtaine de livres pour un café, le garçon quitta les lieux.

Sans plus de poser de question, le garçon traversa la rue et tacha de ne se focaliser que sur son objectif quand il entra dans l’étroite cabine. Mateusz ignora les quelques cartons obscènes collés près du combiné, il se souvenait qu’à l’époque, ces vignettes présentant des femmes de petites vertus dans des positions vulgaires les faisaient grassement rire, ses collègues et lui, quand ils empruntaient ce chemin. On se posait bien des questions sur cette manie moldu de déposer de tel cliché dans les cabines Londonienne mais ils égayaient les mornes matinées de certains employés lubriques. Il se souvenait même qu’un d’entre eux avait décidé d’entamer une collection et Mateusz s’était toujours interrogé sur la vie et les préoccupations de cet homme-là… Sans plus attendre il décrocha le téléphone, composa le numéro et bientôt s’enfonça sous terre. Le bruit de l’engin lui paraissait alors moins assourdissant que les battements de son cœur qui s’emballaient à toute allure. Il n’était pas tranquille.

Bientôt se dressa devant lui le Hall du ministère et un long frisson désagréable le parcouru. Il observa un instant l’empressement des employés, les lettres au-dessus de sa tête qui volaient droit vers leurs cibles, le feu émeraude dans les larges cheminés qui se faisaient face dans le couloir et qui signalaient les arrivés et sortis des sorciers. Il ne semblait vouloir s’éteindre tant les allé et venus ne s'arrêtaient jamais. L’ambiance était électrique, lourde, la préoccupation se lisait sur chaque visage, ici plus qu’ailleurs on sentait que la paix n’était pas encore acquise. Resserrant sa prise sur sa canne, le visage fermé et le corps tendu, Mateusz se dirigea droit vers un ascenseur. Quelques secondes plus tard, il était au deuxième étage.

Son pas était machinal, il savait pertinemment où il trouverait celle qu’il cherchait. Presque inconsciemment il jeta un bref coup d’œil dans le bureau des aurors mais il n’aperçut pas Arthus Stanhope. Peut-être partis en mission. Mteusz lui devait accomplir la sienne, alors il poursuivit son chemin et arrivé devant la porte du service administratif du magenmagot, frappa quelques coup bref et passa le cadre avant même qu’on l’invite à entrer.

Elle était bien là, Winona Crane, et elle le regardait d’un air bien décontenancé. De toute évidence elle ne s’attendait pas à le revoir de sitôt mais pour éviter d’interpréter, sûrement incorrectement, son regard qui l’informerait rapidement s’il était le bienvenu ou non, il baisse les yeux vers la tache sombre sur le chemisier de la jeune femme qu’elle pointait avec sa baguette. L’ancien Gryffondor jeta un bref coup d’œil au café qu’il tenait toujours entre ses mains et haussa les épaules. « J’avais apporté ça, pour… Je ne sais pas trop en fait, mais je te l'ai apporté. » Dit-il en posant l’objet en face de la sorcière avec un certain sans gêne qui forçait l'admiration. « Tu en aura peut-être besoin d’un deuxième, si tu as renversé le premier ». Finalement cette petite attention n’était peut-être pas vaine… À vrai dire, il avait retenu que Winona raffolait de cette boisson moldu, lors de leurs échanges à St Mangoust il n’était pas rare qu’elle en boive d’un air gourmand. Mateusez avait depuis enregistré l’information et aujourd’hui, alors qu’il voulait qu’il se réconcilie, il avait décidé que ce café serait son drapeau blanc à lui.

« Écoute Winona… » Commença-t-il presque revanchard, un brin hautain, bien trop conscient qu’il était celui qui devait des excuses mais manifestement pas encore prêt à les formuler à voix hautes. « J’ai besoin de toi. Tu es la seule qui puisse m’aider pour ça parce que tu es concerné autant que moi par cette affaire. Il faut qu’on fasse réouvrir le dossier Fergus Yaxley d'une manière ou d'une autre. Tu sais autant que moi qu’ils ont bâclé son cas et… » Marquant une pause, Mateusz soupira en songeant qu’il l’avait accusé très directement d’être la fautive, d’être celle qui avait bâclé son procès, d’être celle à cause de qui Fergus avait échappé à Azkhaban. Bref, la raison pour laquelle cela faisait des mois maintenant, qu'ils ne s'étaient plus parlé tout les deux. Alors avant qu’elle ne lui réponde il releva sa main comme pour lui signaler qu’il n’avait pas fini et reprit. « J’ai dit des choses que je regrette, d’accord ? Je regrette. Alors on va passer à autre chose et s’allier plutôt que de s’accuser maintenant. » Peut-être aurait-il dû préparer plus sérieusement son entrée en matière…
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MessageSujet: Re: Maléfice ou maladresse ? • Mateusz   Dim 7 Fév - 17:51




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L
orsque le sorcier passa la porte du bureau, le regard de Winona fut un moment partagé entre l’énorme tâche qui s’étendait sur sa jupe et la vision de l’inattendu visiteur, elle n’en croyait pas ses yeux : qu’est-ce qu’il venait faire ici ? Elle était toujours là, la baguette pointée sur sa jupe, en train de fixer d’un air ahuri le jeune homme quand elle se rendit compte qu’elle devait reprendre ses esprits. Aussitôt, mademoiselle Crane se redressa et de son petit air pincé, examina Mateusz, toujours assise dans son siège. Tiens, si elle avait su qu’il comptait lui faire cette surprise, elle se serait peut-être faite porter pâle… C’était pour dire à quel point elle n’avait pas envie de le voir à cet instant précis ! Sa journée n’aurait pas pu plus mal tourner.
Avec une politesse qu’elle voulait soignée, elle lui dit bonjour, le mot sorti malheureusement d’un ton un tantinet agressif. Malgré sa réserve et la délicatesse dont faisait habituellement preuve Winnie, même avec ses pires ennemis, elle n’arrivait pas à faire semblant : elle lui en voulait et il n’était décidément pas le bienvenu dans son bureau, si elle écoutait la rage qui était en train de monter en elle, elle le ferait sortir à coup de pieds dans le derrière. Mais bien sûr, elle n’en fit rien et attendit que le Bishop explique la raison de sa venue.
Elle fut un peu décontenancée quand elle le vit déposer sur son bureau ce gobelet de café. L’attention était vraiment très gentille, il fallait l’avouer, mais était-elle censée le voir comme un gage de paix après la terrible dispute qu’ils avaient eu ? Winona sembla considérer le présent avec une certaine envie, la tasse était toujours fumante et elle sentait déjà la bonne odeur de café venir chatouiller ses narines. La tentation était trop forte.

« On peut dire que tu tombes bien. » Lâcha-t-elle, non sans une légère note froide dans sa voix. Elle attrapa finalement le gobelet de ses deux mains et le porta à ses lèvres pour en boire une gorgée. « Merci. » Elle baissa la tête pour masquer un sourire qui fit dresser les coins de ses lèvres malgré elle. Elle n’avait pas envie de se laisser attendrir aussi facilement ! Elle lui en voulait vraiment. Il avait été dur avec elle et quand bien même elle avait ses torts, elle ne méritait pas qu’on la traite comme ça. Elle savait bien que la libération de Fergus était inadmissible, mais qu’est-ce qu’elle pouvait faire ? Elle ne supportait plus de devoir porter éternellement sur son dos le fardeau de cette relation passée.
Elle savait qu’au fond, Mateusz avait raison, qu’elle l’avait laissé s’en sortir alors qu’elle savait qu’il ne s’était pas seulement laissé influencer comme il le prétendait. C’était sans doute ce qui l’énervait le plus, que le petit Bishop n’avait pas totalement tort et qu’elle aurait du faire quelque chose, mais qu’elle s’était laissée complètement dépasser par ses propres sentiments et que c’était peut-être par sa faute que le procès avait été bâclé. Des sentiments contradictoires l’habitaient depuis ce fameux jour, elle en voulait à tout le monde, mais encore plus à elle-même. Mais ce qui lui faisait le plus de peine sans doute, c’était de voir que ses propres amis comme Mat se retournait contre elle à cause de cette histoire. Et pour le coup, elle se demandait si le jeune homme n’était pas encore là pour l’accabler de reproches… Elle préférait rester sur ses gardes, prête à se braquer à la moindre parole qui lui semblerait de travers.

Elle sentit ses intestins se retourner d’un seul coup quand il commença à parler. « Ecoute Winona… » Elle s’attendait aussi bien à des excuses qu’au contraire à une nouvelle dispute, et ce qu’elle craignait s’était alors d’exploser pour de bon. Elle détourna son regard, n’arrivant plus à regarder en face Mateusz et préférant alors examiner son gobelet, il lui semblait qu’en regardant ailleurs le coup ferait moins mal, mais ce qui vint n’était pas tout à fait ce à quoi elle s’attendait.
A vrai dire, cela la rassurait un peu, même si l’idée de parler une nouvelle fois de cette histoire ne lui plaisait pas trop. Moins elle ne se rappelait de l’existence de Fergus, mieux elle se portait. Mais apparemment Mateusz ne l’entendrait pas comme ça… Il venait donc lui réclamer de l’aide, comme si ensemble ils pouvaient faire quelque chose pour rouvrir cette affaire. Elle n’était pas tellement convaincue, et rien que l’idée de se replonger là-dedans la mettait mal à l’aise. Elle regardait Mat avec un air dégoûté, croisant les bras sur sa poitrine. Elle était prête à lui dire qu’il commençait à l’agacer légèrement avec cette histoire et refuser d’en discuter, quand il fit cette chose… On ne pouvait pas vraiment appeler cela des excuses, mais il lui avoua regretter, et ses dernières paroles touchèrent plus qu’elle ne l’aurait voulu Winona.

« D’accord. » Elle capitulait déjà. « On peut essayer de faire quelque chose. » Faisant bien comprendre par le ton de sa voix qu’elle n’y croyait pas vraiment. « J’imagine que je te dois bien ça… » Dit-elle avec un petit air renfrogné, donnant alors l’impression qu’elle se sentait obligée plus qu’elle n’en avait envie. Et au lieu de donner de faux espoirs au jeune sorcier, elle préféra alors être claire : « Je veux bien t’aider dans tes démarches, mais autant te le dire tout de suite Mateusz, je ne sais pas si on va pouvoir faire quelque chose. Il a était innocenté et je suppose que Barty Crouch sera assez réticent pour rouvrir l’affaire, on a déjà beaucoup de boulot au Magenmagot… Bref, il va falloir une bonne raison pour se replonger sur le cas de Fergus Yaxley. » Elle n’y croyait pas vraiment et ne le cachait pas. Elle n’était que secrétaire et n’avait malheureusement pas l’autorité pour rouvrir le dossier, à voir s’ils arriveraient tous les deux à convaincre quelqu’un de mieux placé… Mais Winona avait peu d’espoir et surtout, elle manquait de motivation.
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MessageSujet: Re: Maléfice ou maladresse ? • Mateusz   Dim 14 Fév - 9:54




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I
l ne se laissait pas abattre. De toute évidence il était tout sauf le bienvenu dans ce bureau mais il tachait de croire qu’il s’en moquait éperdument. En découvrant l’air pincé de Winona et le ton revêche avec lequel elle l’avait salué, il avait tout à fait envie d’ignorer son comportement et de faire comme si rien n’était, jouer au plus possible la carte de la décontraction par insolence et impolitesse. C’était son système de défense, un réflexe contre lequel il ne luttait que rarement, parfois il en tirait de l’amusement et à d’autre occasion una grande arrogance toujours est il que cela fatiguait souvent ses interlocuteurs. Alors que tout l’invitait lors de cette situation à faire profil bas, présenter de plates excuses et chercher à se rattraper, il se pavanait le menton un peu haut, le ton un peu supérieur, parce que là était son moyen de ne pas perdre le fil d’une conversation qui au fond l’angoissait car il n’en connaissait pour l’heure pas le débouché. Pourtant, quand il la devina sourire derrière son gobelet en carton malgré un merci aussi froid que le contact avec un détraqueur, il comprit que la conversation n’était pas tout à fait impossible et que si elle ne l’avait pas encore chassé c’est bien qu’il avait la parole. Il marquait un point avec son attention, il s’en félicitait quand il attaqua le vif du sujet.

Sans trop savoir pourquoi, le malaise n’avait cessé de le poursuivre. Bien sur cette situation délicate lui livrait son poids de troubles et de remords, mais cela allait bien au-delà. Il se sentait illégitime, ces murs ne semblaient pas vouloir l’accueillir et cela n’avait rien à voir avec le salue glacial de la secrétaire du magenmagot. Cet établissement avait été une page de son histoire qu’on avait arrachée avec brutalité du jour au lendemain, il l’assimilait à tout un pan de sa vie dont il ne restait presque plus rien. Aussi, alors qu’il en reconnaissait chaque recoin, il avait l’impression désagréable aujourd’hui d’être un étranger et cela l’agaçait profondément. L’espace de quelques années il avait cru avoir une place ici et cela l’avait soulagé, quelque part, d’avoir atteint un objectif qu’il s’était fixé. Il s’était toujours dirigé droit vers le ministère pour le prestige et non par vocation, en réalité d’ailleurs il s’était longtemps ennuyé avant de rejoindre le rang de la résistance. Mais il avait alors un poste, un nom, on attendait des choses de lui et il n’y avait rien de plus rassurant. En réalité il s’était convaincu qu’il ne pourrait pas faire mieux et que ce travail, c’était et ce serait tout ce qu’il savait faire. Ce manque d’ambition avait profondément ennuyé Georgia, son ex fiancée, qui n’avait eu cesse de vouloir qu’il aille plus loin. Lors des rares moments où ils ne se disputaient pas, elle avait pu lui confier avec douceur que c’était parce qu’elle croyait plus en lui et en ses capacités que lui-même. Au lieu de le convaincre, cette réflexion l’avait toujours irrité.

Mais Mateusz n’avait pas envie de penser à son ancien travail et encore moins à Georgia. Il avait pourtant bel et bien à démêler avec le passé aujourd’hui et il ne passa pas par quatre chemins pour expliquer à Winona la raison exacte de sa venue. Quel soulagement alors quand elle lâcha simplement qu’ils pouvaient essayer de faire quelque chose. Un poids quittait les épaules de Mateusz, comme si ces simples mots étaient aussi puissants qu’un sortilège, et bien qu’elle poursuive en lui assurant qu’elle ignorait pour l’heure si cela allait vraiment pouvoir être possible il ignora presque cette intervention en secouant la tête, enchainant avec rapidité. « On va y arriver, il n’aura pas le choix le Barty Crouch crois moi. Donne-moi la liste de tous ceux qui ont témoigné, je ne sais pas, tous les types qui ont des preuves concrètes contre lui. Je suis bien capable de tous aller les voir un par un pour qu’il me redonne leurs versions de l’histoire. » Son cœur s’emballait, il était pris dans une espèce de frénésie incontrôlable, l’impression que plus rien ne pourrait lui résister dorénavant. Il était la justice, et sa poitrine se soulevait d’orgueil à la pensée qu’il faisait quelque chose de profondément juste. « Ça prendra le temps qu’il faudra mais ils ne pourront plus nier l’évidence quand on arrivera devant eux avec de nouvelles preuves. » En réalité il n’avait jamais été très patient et il aurait voulu se présenter devant Barty Crouch dès demain, les bras chargés de lourds dossiers, puisque visiblement c’était là le langage qu’il fallait utiliser pour convaincre un mangenmagot.

Mais Mateusz voyait bien que son interlocutrice était moins convaincue, moins emballé, que lui. Il marqua une pause en passant une main dans ses cheveux broussailleux, ne la quittant pas des yeux comme s’il avait eu le pouvoir de sonder son esprit et comprendre ses pensées. Il n’était pourtant pas très compliqué d’imaginer ce qu’elle ressentait et Mateusz racla sa gorge avant de reprendre. « Je sais que ce n’est pas facile pour toi mais ça te permettra de faire une vraie croix dessus, pas d’oublier tout ça ni d’être plus en paix soyons clair, seulement… » Seulement quoi ? Il n’avait jamais été très doué pour trouver les mots dans ce genre de situation, attaquer était bien plus simple qu’apaiser. « Tu feras quelque chose de profondément juste, et c’est ton boulot ça, non ? Normalement, je veux dire. Quand le mangemagot n'abuse pas de la feuille de mandragore avant de rendre un verdict. » Il n’était pas certain que la tentative d’humour soit la bienvenue et il était même étonné que ces mots plutôt légers sortent de sa bouche. Il avait été si grave dernièrement, si sombre et si difficile à faire sourire. C’était bien la preuve qu’un nouvel espoir en lui était né, et c’était peut-être aussi salvateur que destructeur au final.
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MessageSujet: Re: Maléfice ou maladresse ? • Mateusz   Lun 15 Fév - 23:11




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W
inona n’avait pas envie de paraître défaitiste et de jouer les rabats joie, mais elle n’y croyait pas du tout. Quelles étaient leur chance pour qu’à eux deux ils réussissent à rouvrir un procès dont on avait déjà rendu le verdict depuis plusieurs semaines maintenant ? Elle n’avait pas les pronostiques, mais elle supposait qu’ils étaient proches de zéro. Il n’y avait pas moyen pour que Barty Crouch leur accorde le droit de reprendre l’enquête, c’était totalement inespéré. Et puis elle savait parfaitement que son patron avait quelques réserves au sujet de sa secrétaire depuis le procès de Fergus. Elle n’avait pas rempli son poste dignement ce jour-là, et ça, il l’avait bien retenu, Winnie le savait. Elle était presque sûre de l’avoir vu l’espionner, l’autre jour, depuis la vitre de son bureau. Elle avait fait comme si de rien et s’était comportée au mieux en réalisant ses fonctions parfaitement, mais cela sonnait de plus en plus comme un avertissement pour la jeune secrétaire. Elle qui espérait monter en grade, cela semblait plutôt mal parti...
L’idée d’aller le voir pour lui reparler de ce procès lui semblait totalement hors de sa portée. En fait, c’était peut-être très égoïste, mais elle craignait qu’on la fasse sauter de son poste si elle se mettait à demander des faveurs à ses patrons, surtout concernant une affaire comme celle-ci à laquelle elle était indirectement mêlée. Elle était dans une position délicate. Et imaginons que cela tourne encore au fiasco et qu’une nouvelle fois Fergus arrive à passer entre les mailles du filet… Elle perdrait sans doute toute crédibilité.

Quant à Mateusz, il semblait ne pas du tout se rendre compte de la situation compliquée dans laquelle il mettait Winona. Elle le regardait, le front plissé, ne cherchant même pas à le couper dans l’élan d’enthousiasme qui lui prenait soudainement. Il parlait de réinterroger les témoins, de partir à la quête de preuves… Winnie le regardait en se disant de plus en plus qu’elle s’était fourrée dans un sacré pétrin. Elle n’était même pas sûre qu’elle ait le droit de reprendre le dossier du procès pour récupérer les preuves et la liste des témoins. Et maintenant qu’elle voyait dans quel était d’excitation elle avait mis le petit Bishop, elle s’imaginait mal lui annoncer que finalement il valait mieux abandonner parce quelle ne pourrait jamais accéder au dossier et donc au minimum de preuves qu’ils avaient. Elle avait peur, en le coupant dans son élan, de raviver les tensions entre eux et ce n’était vraiment pas ce qu’elle voulait. Winona était dans ce que l’on pouvait appeler un cul de sac, et elle semblait bien mal barrée pour s’en sortir.

Décidemment, Mateusz parut bien comprendre que Winona n’était pas du tout emballée. Il commença à lui parler de ce que représentait l’affaire pour elle, car Fergus restait une histoire douloureuse pour elle et en tant qu’ami il devait bien s’en douter. Winona ne savait pas trop si ses paroles étaient convaincantes. Certes, c’était peut-être un moyen de tourner la page, à condition que ça marche et ce n’était définitivement pas une chose dont elle était certaine. Son petit air sec refit surface sur son visage. Elle baissa les yeux, regardant évasivement une pile de parchemins qu’elle tripotait avec ses mains. Un faible sourire passa sur ses lèvres tandis que Mateusz essayait de plaisanter, afin, sans doute, de détendre l’atmosphère. Blague qu’elle ne comprit qu’à moitié, on lui reprochait toujours son manque d’humour, mais elle avait apprit à faire semblant depuis le temps. Un petit « ahah » très peu convaincant sortit même de sa bouche, mais sa mine enjouée s’évanouit rapidement lorsqu’elle se fit la réflexion qu’elle devait avoir l’air stupide. Elle reprit un petit air sérieux, réfléchissant à tout ce que venait de lui déballer le sorcier.

« Oui tu as sans doute raison. » Préféra-t-elle conclure en réponse à tout ce qu’il venait de lui dire, ne voulant pas aborder le sujet de sa relation avec Fergus. Elle n’était définitivement pas d’humeur à se confier sur ce point. Balayant la question d’un revers de la main, elle préféra se concentrer sur le sujet qui importait le plus à son visiteur : « Par contre, je vais avoir un souci Mateusz. Quand un procès est clos et que le verdict a été rendu, on classe le dossier et ce n’est pas depuis mon poste de secrétaire que je peux le rouvrir comme ça me chante. Alors en ce qui concerne ta liste de témoins… Je ne peux absolument rien te fournir. » Conclut-elle d’un ton sec. Elle le fixa d’un air un peu fermé, étrangement décidée à le décourager. Mais dès qu’elle rencontra le regard de Mateusz, elle comprit qu’elle n’arriverait pas à jouer ce jeu bien longtemps. « Bien sûr, je pense être capable de te donner ces noms… Je me souviens parfaitement bien de tout son dossier, en fait… Et puis, en cas de trou, je pourrais peut-être le consulter, j’ai accès à tous les dossiers… Personne ne s’apercevrait de rien… » Elle semblait perdue. Tout ce qu’elle s’était répétée depuis tout à l’heure semblait s’écrouler… En un croisement de regard, elle perdait toute conviction. Et puis, pourquoi pas ? Au fond, elle devait bien avouer qu’elle avait le pouvoir de reprendre l’affaire, la question était plutôt : est-ce qu’elle le voulait vraiment ?

« Bon, si rouvrir l’enquête peut aider à me faire pardonner auprès de toi… Je veux bien accepter, Bishop. Mais je t’avoue que j’ai un emploi du temps très chargé, alors je ne serais pas disponible tout le temps, et je veux bien te fournir des renseignements mais tu feras les démarches toi-même. » Dit-elle d’un ton catégorique, prenant son petit air sérieux de dame du ministère. « Et puis si on a suffisamment d’éléments pour rouvrir le procès… Eh bien, je ferais tout ce que j’ai en mon pouvoir pour convaincre le Barty. » En espérant que ça tienne la route, parce qu’elle sentait qu’un nouvel échec de sa part pourrait lui être fatale. Peut-être qu’intérieurement, elle espérait que Mat ne trouverait pas grand-chose, mais elle sentait qu’il était rempli de détermination et que rien ne lui échapperait. Elle aurait voulu que tout cela puisse la motiver autant que lui. « Je crois que tu as raison quand tu dis que c’est l’occasion pour moi de tourner la page. Je t’aiderai. » Dit-elle avec un ton cette fois plus convaincu en plongeant son regard dans celui du sorcier.
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MessageSujet: Re: Maléfice ou maladresse ? • Mateusz   Sam 20 Fév - 17:44




       Mateusz & Winona
       Maléfice ou maladresse ?
I
l était borné, c’est bien là un défaut qu’on lui reprochait souvent. Quand Mateusz avait une idée en tête elle ne le quittait plus, la dites idée devenait une priorité et prenait le dessus sur tout le reste. Il avait toujours fonctionné de cette manière, par obsession diraient certains, buté qu’il était il refusait d’être raisonnable et n’écoutait personne d’autre que lui-même. Et voilà qu’on lui donnait un nouvel objectif, un nouvel espoir, comment ne pas faire de cela son nouveau but, lui qui redémarrait à zéro aujourd’hui ? Il savait alors qu’il mettrait tout en ordre pour que Fergus Yaxley se retrouve derrière les barreaux, il s’en sentait même les capacités nourrit d’un élan nouveau qui lui faisait croire que ces efforts ne seraient pas voués à l’échec. Mateusz ne se souvenait que bien trop amèrement du discours de son beau-frère sur le fait qu’il n’avait pas le droit de réclamer justice mais il s’en moquait à cet instant. À vrai dire, il n’avait pas vraiment réfléchi sur ces mots, ils l’avaient révolté sur l’instant et continuait aujourd’hui de le rendre furieux, n’entendant pas leurs sagesse, juste leurs cruautés. Arthus lui intimait d’avancer, mais le garçon semblait persuader qu’il ne le pourrait qu’après avoir réglé ses démêlés avec le passé et puni ceux qui l’avaient brisé. C’était là la seule manière de pouvoir poursuivre l’esprit en paix, il n’apercevait aucune autre issue de secours.

Mais pour l’heure, Mateusz était profondément gêné. Le rire jaune de Winona en réponse à sa dernière intervention peu mature le plongea dans un malaise ridicule. À s’observer à cet instant, il se demanda lequel des deux se trouvaient le plus stupide présentement, aussi fut-il rassuré quand elle brisa finalement la glace, leur permettant d’enchaîner. S'il avait dû s’en charger lui, sûrement aurait il fait une remarque des plus déplaisante, ses réflexes en cas d’embarras n’étant pas toujours les plus adéquats cela auraient peut-être pu mettre en péril cet échange qui étrangement se déroulait dans d’excellentes conditions jusqu’alors. Se recalant correctement dans son siège en raclant sa gorge il passa une main derrière sa nuque avant de l’écouter attentivement poursuivre. C’est là qu’elle lui révéla ne pouvoir lui donner la liste des témoins d’un ton rude, direct, comme si après lui avoir laissé entrevoir l’objet qu’il désirait le plus au monde elle refermait la porte d’un coup sec. Son regard s’obscurcit immédiatement, un rictus mauvais lui échappant tandis qu’il tentait de comprendre ce qui était en train de se tramer. Avant même cependant qu’il ait pu intervenir, Winona reprenait, assurant qu’elle pouvait lui donner ces noms, qu’elle s’en souvenait, qu’il serait aisé de les lui retranscrire. L’ancien Gryffondor fronça légèrement les sourcils et se contenta d’avoir un vague signe de tête, commençant à douter des motivations de son interlocutrice. « Bien sûr que j’ai raison, mais à te voir comme ça on ne dirait pas franchement que tu le penses. » répondit-il en se redressant sans la quitter du regard.

Bien sur cette situation était complexe. Elle l’avait aimé. Il ne pouvait pas aisément se mettre à sa place, s’il se laissait imaginer qu’on lui apprenne un jour que Georgia était liée d’une façon ou d’une autre aux actions de Voldemort il ne le supporterait pas. En fait, il se devait d’admirer la classe avec laquelle Winona réagissait, il n’avait pas encore pris la patience de voir les choses de son point de vue, il l’avait attaqué de fond sans réfléchir, jamais, à ce qu’elle pouvait ressentir elle. Il n’était même pas certain, la connaissant un peu, qu’elle se laissait le luxe d’y réfléchir elle-même. « Tu es déjà pardonné tu sais. Je veux dire… J’ai agi sans… Bref, je n’ai pensée qu’à moi. Pour changer. » Reprit-il. S’excuser encore une fois était nullement dans ses habitudes, assumant un peu trop hardiment ses fautes, les reconnaitre était un exercice difficile dans lequel il n’excellait pas. Mais à cet instant, il sentait qu’il les lui devait. « Je n’ai pas forcément envie qu’on reparle de ça, et à vrai dire je ne pense pas non plus que tu en es spécialement le désir mais les choses que je t’ai dit ce jour-là je ne les pensais pas. Ou du moins qu’à moitié, je vais être sincère. Non parce que quand on me dit « je ne le pensais pas » je n’y crois pas personnellement. Si on dit quelque choses, quelle que soit la façon dont les mots sortent, c’est qu’il y avait une part de vérité on ne va pas se voiler la face. Seulement, tu ne méritais pas qu’on te les crache de cette manière et je sais qu’au fond tu as fait ce que tu as pu faire, malgré ce que j’ai pu dire. » Mateusz marqua une pause, évitant vaguement le regard de Winona cette fois-ci. Bon orateur il ne l’était que quand il maîtrisait la situation, quand cette dernière lui échappait tout devenait moins clair et il maudissait cette sensation qui l’habitait dans ces moment-là. L’impression d’être un petit garçon qu’on jugeait, qui comme par le passé ne s’exprimait pas particulièrement bien et perdait facilement ses moyens devant une personne qui l’intimidait. Par Merlin merci cette lubie lui était passée aujourd’hui, du moins il s’était créé un personnage assez habile pour le faire croire. « Passons. Je n’ai pas grand-chose à faire en ce moment alors ça sera à moi de me plier à ton emploi du temps, j’imagine. Merci en tout cas Crane. Tu as peut être du boulot maintenant… » Se hasarda-t-il sans bouger pour autant de sa chaise.

Dans le fond il était heureux de la retrouver, heureux de pouvoir lui reparler simplement comme ce fut le temps il y a de cela encore quelques mois. Il aurait pu et voulu lui dire mais les mots restaient coincés dans sa gorge, rattrapés par sa fierté mal placée. « Est-ce que… » Commença t’il, comme par désir de poursuivre cette conversation, se lançant dans une interrogation sans savoir ou cette dernière allait aboutir. « Comment se présente les choses sincèrement, selon toi ? Est-ce qu’on croit vraiment que cette guerre est terminée ici ? » C’était imprévu, il n’aurait pas pensé une seconde ouvrir ce débat-là avec elle mais sans doute était-ce une interrogation qui inconsciemment le poursuivait depuis qu’on avait annoncé la fin du règne de Voldemort. Parce qu’il n’y croyait pas, sans doute, et qu’il avait besoin d’entendre le contraire.
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    Mateusz Bishop ◇ And in her eyes you see nothing, no sign of love behind the tears, cried for no one a love that should have lasted years. ©endlesslove

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