AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
 

 I didn't choose the hobo life, the hobo life chose me | SDH (Sans Domicile Harmonieux)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Auteur
Message

avatar

Voir le profil de l'utilisateur

MessageSujet: I didn't choose the hobo life, the hobo life chose me | SDH (Sans Domicile Harmonieux)   Ven 22 Avr - 23:33







Stanislas David Henley

Feat. Christian Bale



Nom • Henley Prénoms • Stanislas David Date de naissance • 9 mars 1944 Âge • 37 ans Situation • Célibataire endurci Orientation • Biromantique Classe/Profession • Sans emploi Ancienne Maison • Serpentard Qualité de sang • Sang-mêlé Baguette • Bois d’aubépine, 24,7 cm, flexible, ventricule de dragon Epouvantard • Une stature plus rigide, un visage aux traits rajeunis et fraichement rasé de près, une coupe de cheveux mieux maîtrisée, des yeux irradiant haine et ignorance, et cette dangereuse marque imprimée sur la peau, cause de tous mes maux... Je suis lui, il est moi. C'est un spectre qui continu de me hanter jour et nuit, une phase de ma vie que je voudrais parfois oublier... Amortentia • L’odeur du bouillon de poule qu’avait l’habitude de me concocter ma mère, celle du camphre aux vertus medicinales impressionnantes, et celle beaucoup plus irritante de l’essence Patronus • Un raton-laveur Groupe • BIZ

Histoire

Do not go gentle into that good night,
Old age should burn and rage at close of day;
Rage, rage against the dying of the light.
– Dylan Thomas

Juillet 1962, Cardiff, Maison des Henley.

- Pourquoi n’as-tu pas été retenu, my little dragon ?

La plaintive voix de ma mère s’était élevée a crescendo dans un profond silence tandis que je sirotais mon breuvage avec une forme d’agacement aigu, que mon frère triturait négligemment sa fourchette en argent et que mon père, accompagné de sa droiture militaire à l’autre bout de la table, me lançait un regard lourd de jugement. Je reposai ma cuillère sur le bord de mon écuelle, et je sentis alors un sourire étirer mes lèvres à mesure que mes yeux – trop rouges – s’orientaient sur le visage laiteux, presque translucide, de ma génitrice. Oh, Maman… Si tu savais, ma petite Maman, comment mes ruminations étaient noires à l’heure qu’il était… Sans aucun doute, tu prendrais peur.

- Peut-être parce qu’une pourriture de Sang-de-Bourbe m’a volé ma place ! balançai-je sur un ton chargé de ressentiment. C’est drôle quand on y pense, mais le Ministère de la Magie n’accorde de l’importance qu’aux parasites ! Arrêterons-nous un jour de considérer les nés-Moldus comme des victimes ? De les protéger comme s’ils le méritaient ? Allons-nous prendre conscience un jour de notre stupidité ? Ce sont eux les problèmes, ce sont eux qui polluent notre si beau monde magique ! J’aurai eu le poste, je l’aurai eu si autant de privilèges n’étaient pas donnés aux nés-Moldus !
- Ça suffit ! clama violemment mon père en ébranlant la table de ses poings
serrés, massifs comme deux boulets de canon. Est-ce que tu t’entends parler au moins ?! Si tu n’étais pas mon fils, je pourrais penser que tu es complètement fou ! Toutes ces conn*ries que tu déballes sur les nés-Moldus, je refuse de les entendre, c’est clair ? Je refuse qu’elles sortent de la bouche de mon fils, par la barbe de Merlin ! Tu as échoué aux tests, cela n’a absolument rien à voir avec les nés-Moldus. C’est lorsque tu as commencé à fréquenter ces tocards de Serpentard que tu es devenu invivable. C’est leurs manières de faux-jetons qui t’ont monté à la tête, c’est ça ? Tu veux devenir un tocard toi aussi ? Imagine un peu si ta grand-mère assistait à ce discours haineux, ta grand-mère qui était une Moldue elle-même ! Mon père eut l’air de prendre une grande bouffée d’oxygène, une bouffée qui secoua frénétiquement son faciès déformé par un surplus d’indignation. Mais, il n’en resta pas là. Dans un rugissement furieux, il ajouta.  Tu fais honte à notre famille !

Six mots. Six mots qui parvinrent à me faire bondir de ma chaise. Je les avais entendus clairement, limpidement et la rage qui me guettait depuis le début de ce repas minable et affligeant, frappait à coups redoublés sur ma boîte crânienne en hurlant. Finalement, elle se cristallisa au fur et à mesure que je visualisais le danger de mon manque de réactivité. Mon père, ce libéral dégradant, allait m’infliger son monologue moralisateur de bien-pensant que tous les imposteurs adoptaient afin de passer pour des gentils, et s’attirer les faveurs des minorités abjectes, exploiteuses de notre monde magique adoré. L’idée de devoir se conditionner à de telles injustices me donnait sérieusement envie de gerber !

- Vous avez perdu l’esprit vous deux ?! Déballer des horreurs pareilles devant Maman ! intervint mon frère, visiblement tracassé par ce qui venait d’être dit.

Je ne songeai plus à structurer ma défense contre les attaques de mon patriarche. Les quelques larmes qui dégoulinaient le long des joues potelées de ma mère me firent l’effet d’une décharge électrique, si bien que tous mes nerfs se décontractèrent et que je préférai prendre la fuite sans crier gare. M’isoler dans ma chambre m’avait semblé être une solution acceptable sur le moment. La suite fut pitoyable. Mon père vint d’abord s’excuser tout en quémandant des explications au sujet de mon comportement distant voire méprisant de ces derniers temps, et comme à l’accoutumer, je ne lui fournis en retour qu’un funeste hochement de tête. Il abandonna bien vite. Je restai pour lui – et le reste de la population – une énigme vivante.


9 décembre 1968, Poudlard, Salle de défense contre les forces du mal.

Leçon ordinaire pour une journée ordinaire. Du moins, c’est ce que j’avais naïvement cru en m’étant rendu au travail ce matin. Et, le réveil avait été tellement pénible que je ressentais jusque dans mes muscles, le poids du désespoir doublé de celui de l’agacement face à une classe aux antipodes du sérieux et du savoir-vivre. Toutes des têtes d’abrutis finis aux mâchoires béantes gentiment alignés comme des quilles. C’est que j’avais envie d’effectuer un strike aujourd’hui !

- Hey, la belle au bois dormant au fond à droite, on ne dort pas pendant mon cours ! Si vous êtes aussi fainéant, j’imagine que c’est parce que vous, les Gryffondors, vous n’êtes pas reconnu pour votre assiduité en cours, je me trompe ?

Un crayon habilement lancé sur cette loque d’Alexander Knight créa, au sein de ce désastre indescriptible, une source de pur bonheur chez moi ! Un bonheur coupable, un bonheur sadique, un bonheur de courte durée… Je me rappelais les paroles de mes plus proches connaissances : « Deviens prof, ce sera cool, tu verras ! ». Quelle mauvaise plaisanterie…
Le dit Alexander, aussi communément appelé par mes soins « le bouffe-tout » dû à son appétit ENORME, prenait tout son temps pour regagner un peu d’intégrité dans mon cours. « Intégrité » était un bien grand mot pour un énergumène dans son genre, ce sorcier tenant plus du gnome que du farfadet ! Je décidais de passer outre, et de consacrer à nouveau pleinement mon attention dans quelque chose de plus intelligent – je veux évidemment parler de mon cours – que les déboires d’un pré-pubère à qui les malheureux poils de barbe empiétaient sur les pommettes !

- Bah alors, on attend le baiser du prince charmant ?

Comme si cela n’avait pas été assez, il fallait que cette vipère visqueuse et vicelarde d’Arthur Launay en rajoute une couche, de quoi rendre le blond plus insupportable qu’il ne l’était auparavant.

- Ta gu*ule, conn*rd ! grogna ce dernier.
- Oh, je t’ai vexé ? Je suis désolé… répliqua l’autre, mielleusement.

Le vocabulaire très fleuri de ce cher Alexander se passa de commentaire de ma part. En fait, j’étais divisé entre la folle envie de m’extirper de ce traquenard, et celle de poursuivre avec véhémence mon cours déjà bien entamé. Et, j’ignorai ce qui m’irritait davantage : la voix nasillarde du Serpentard qui me fendait les tympans ou le tact à deux balles du Gryffondor qui avait visiblement envie de subir une poignée d’heures de colle en ma compagnie !

- Bon, blanche-neige, fermez-la. Vous perturbez mon cours.

Simple et concis. Je n’avais pas besoin de déblatérer une interminable tirade pour me faire respecter. Déjà qu’en règle général, je n’étais pas friand des longues discussions ; confronté à de tels mécréants, je ressemblais à un individu sur lequel le sortilège de Mutisme faisait son plein effet ! Mais dès lors que je pensais mon calvaire kaput, le serpent réhabilita la dispute en crachant son venin sur la famille du lion.

- Au moins moi, mon oncle n’est pas pédophile.
- T’as dis quoi là ?! Répète pour voir !
- Bah quoi ? Tonton Wolfgang t’a fait des cochonneries ?

En moins de temps qu’il ne faut pour prononcer le mot « fée », une véritable simulation de bataille venait de s’être joué derrière mon dos. D’abord, Alexander s’était levé puis avait frappé l’autre teigne avec une force non-canalisé puisque ce dernier avait été envoyé au tapis par un vulgaire coup de poing. Ensuite, disons que j'avais été pris sur le fait accompli, car l'un de mes collègues dont le nom m'échappait mais pas son air supérieur particulièrement acariâtre, s'était entiché des relations conflictuelles liant mes deux élèves, et ce dans l'unique but de me chercher des noises !

- On ne sait pas maîtriser ses élèves, monsieur Henley ? critiqua-t-il sèchement.

C'était une grossière et chaotique scène qui s'était déroulé sous mes yeux ébahis. Car, oui, je n'avais pas bougé d'un poil. J'étais resté droit comme un I lorsque la vermine avait débarqué à l'intérieur de ma classe, et m'avait fait la leçon comme à un gamin de cinq ans. Et tout cela à cause de ce que j'avais ouï avant le débordement.

Wolfgang. Ce nom était dorénavant bien ancré dans ma mémoire. Quoi que je faisais, où que j'allais, il me dévorait l'esprit ; il annihilait le peu de confiance que je possédais, et abstrayait chacune de mes pensées afin de les réduire en une bouillie suintante de sinistres souvenirs. En outre, j'avais cette curieuse impression de voir ma jambe gauche trembloter, ma jambe gauche qui était pourtant loin d'être active dû à son infirmité.
Wolfgang. Je l'avais assassiné. Ce 16 Novembre 1966, je m'étais fait un nom chez les Mangemorts en assassinant l'Auror illégitime, le sale voleur qui m'avait humilié. Et, j'y avais laissé l'usage de ma jambe gauche à cause du meilleur ami de cette enflure de né-Moldu.

Cependant, je n'avais pas la certitude qu'il existait un lien entre Wolfgang, ma victime et Wolfgang, l'oncle du « bouffe-tout ». Après tout, c'était un prénom plutôt répandu, et comme j'étais souvent en proie à des délires paranoïaques, je préférais me restreindre sur mes conjectures.
Peu désireux toutefois d'épargner ce cher Alexander qui avait foutu une pagaille pas possible dans ma classe, je lui étais tombé dessus avec une détermination hors norme. Son bras à ma portée, je l'avais poussé vers la sortie dépourvu d'une quelconque douceur tandis qu'il gigotait pour se défaire de mon emprise.

- De toute façon, t’es qu’un p*tain de conn*rd ! Sale Serpentard de m*rde ! Va crever en enfer ! hurlait-il, le visage empourpré.
- Au fait, moins cinquante points pour Gryffondor ! m'exclamais-je aux élèves déjà terriblement choqués par ce qui se produisait.
- Quoi ?!

Je refermai la porte derrière nous, et c'est à partir de ce moment là que je jugeai opportun de piquer ma gueul*nte sur cet élément perturbateur.

- Que je ne vous reprenne pas à semer le trouble pendant mon cours. Vous êtes un tocard, monsieur Knight ! On se reverra en retenu !

Je lui tournai les talons et lui claquai la porte au nez, sans lui offrir la moindre chance de se justifier.

***

Je me retrouvais donc, en salle de classe, sur mes heures de temps libre, en tête à tête avec un de mes élèves favoris, la jambe gauche véritablement engourdi faute d'avoir poursuivi ce provocateur de pacotille qui avait cru pouvoir me faire faux bond en évitant l'heure de la retenue. Heureusement qu'un Stupéfix bien placé l'avait stoppé dans sa course. Alexander Knight... Qu'adviendra-t-il de vous ? pensais-je alors que je tentais tant bien que mal de conserver un intérêt pour mon bouquin sur les animaux fantastiques et leur habitat naturel. Le livre en lui-même était loin de me déplaire, mais ma concentration était poussé dans ses derniers retranchements à cause de la crève, qui s'était emparé de mon organisme trois jours auparavant et qui me menait la vie dure ; et le rouge et or qui n'effectuait aucun effort pour résoudre les questions de Première année filées en début de colle. Entre mon nez écarlate, brûlant et coulant, et le très flagrant manque de bonne volonté de la part de ce morveux d'Alexander, j'étais décidément tiraillé de tous les côtés. Une chance que je conservais une boîte de mouchoirs dans le placard de ma classe.

- Vous voulez pas arrêter de vous moucher ? J’arrive pas à me concentrer.
- Ah parce que vous essayiez de vous concentrer là ?

Trouvait-il le moyen de me faire des remarques désobligeantes ou mon imagination me jouait-elle des tours ? Je n'allais pas m'arrêter de vivre pour un petite m*rdeux en pleine crise, encore moins quand celui-ci répondait au nom d'Alexander Knight. Preuve en est. Je n'avais même pas daigné lui lancer un regard que je devinais déjà qu'il se moquait de moi.

- Je sais que vous faites semblant d’écrire.
- Mais je comprends rien aussi, c’est trop compliqué !

Je refermai mon livre, à la fois abasourdi et amusé par ce qui me parvenait aux oreilles.

- Qu’est-ce qu’un Basilic ?

J'attendis la réponse, sans réel espoir d'en obtenir une convaincante. Son hésitation ne fit que confirmer mes dires : Alexander Knight était un vrai cancre.

- Euh… Un gros lézard ?
- De quoi est faite votre baguette ?

Du tac au tac. Comme si, j'essayais en vain d'extraire de mon élève un peu de connaissances, de réflexion, d'intelligence ou de... profondeur.

- Bah, de bois !

Non. Il n'y avait définitivement rien à en tirer. J'ignorai ce qui me retenait de ne pas lui saisir les épaules et de le secouer comme un prunellier, là, tout de suite ! Je me contentai de soupirer, me levai et marchai jusqu'à son pupitre, lequel me servait de soutien face à une médiocrité pareille.

- Comment avez-vous eu vos BUSES ? lui demandai-je, presque inquiet.

Et qu'il ne me réponde pas "En travaillant !" parce que de toute façon, je refuserai catégoriquement de le croire. Mais, le Gryffondor ne remua pas les lèvres pour débiter une énième ânerie ; il se tut anormalement comme si j'avais titillé un point sensible en fracassant le silence avec cette interrogation. Il n'était toutefois pas resté de marbre, esquissant ce mini sourire fourbe qui ne faisait que refléter le contenu de l'individu. Je fis demi-tour, avançant de quelques pas, avant de me stopper net dans ma lancée. Peut-être que mes collègues avaient raison ? Peut-être que je devais songer à arrêter de me démener pour faire d'Alexander Knight un sorcier à part entière ?

- Debout.
- Quoi ?

Alors, j'usai d'un sort, créant une bourrasque de vent qui fit tournoyer le matériel posé sur le pupitre, et ce tour acerbe de ma part éclaboussa ainsi le fier Gryffondor. Couvert à la fois d'encre et de ridicule, je le sentais fébrile, déstabilisé par ce que je venais d'accomplir. Etait-ce suffisant pour révéler tout son potentiel ?

- Mais vous êtes complètement c*n !
- On s’est fait une nouvelle couleur, monsieur Knight ?

Histoire de le provoquer pour qu'il finisse par se bouger.

- C’est n’importe quoi ! prononça-t-il en plongeant sur la porte.

Ses tentatives d'ouverture étaient vaines, ayant pris mes précautions pour la verrouiller à l'instant t. Avec l'âme et le coeur d'un guetteur, je pris soin de mettre ma baguette en évidence, la pointant sur mon nouvel apprenti.

- En garde.

J'étais on ne peut plus fier d'avoir éveillé son instinct de survie. Le gamin avait dénié se munir de sa baguette pour m'affronter, et je n'en était que plus ravi. C'était un exploit immense, il faut le dire.

- Bon ok. J’vous préviens, ça va faire mal !
- Mais oui, mais oui…

Après moult et moult sortilèges, nous étions revenu au point de départ. Alexander Knight... Qu'adviendra-t-il de vous ? pensai-je, une nouvelle fois. Que me passait-il bien par la tête pour que je m'entiche de vous ? Pour que j'essaye par tous les moyens de vous sauver la mise ? Par Merlin... Que cet élève catastrophique parvienne à obtenir ces ASPIC, il fallait assurément que je sois un bon prof !

Janvier 1974, Londres, Chemin de Traverse.

C’était un pâle jour de janvier où de curieuses volutes de fumée enlaçaient les nuages et se nichaient dans les narines des passants, tous alarmés par un tel remue-ménage. En effet, une quinzaine de minutes avant que toute cette populace s’agglutine à un endroit ciblé, notre arrivée en fanfare avait été fort remarqué par les commerçants qui, dans l’affolement général, avaient remballé leur attirail, dégainé leur baguette et s’étaient dissimulés derrière leur comptoir, conscients que quelque chose d’affreux se tramait à l’extérieur de leur boutique respective.

Nous avions délaissé notre quartier général, un objectif en tête : obéir aux ordres du Lord quant à l’avenir des Moldus et de leurs semblables ; de leur classification autoritaire jusqu’à leur fin douloureuse. Le tout, sans poser nulle question. Celui ou celle qui contesterait les décisions de notre maître ne serait pas un audacieux, mais un fou, un risible, un traître en somme, qui recevrait le même sort que la vermine que nous étions venu traquer avec tant de fougue et d’idéalisme. Pour ma part, bien que mon engagement au côté des Mangemorts était indiscutable, j’avais songé nerveusement à ce que nous allions trouver, une fois à bon port. Il s’agissait de ma première grande mission collective, et j’étais toujours plus ou moins réticent à l’idée de devoir molester ou massacrer des créatures, aussi repoussantes étaient-elles. Après tout, Wolfgang avait été mon initiation au meurtre, en plus d’être mon initiation à la cause honorable que je servais désormais. J’avais pourtant étouffé mes doutes en vitesse. Mon statut m’intimait de ne pas faiblir alors que j’étais l’un des meneurs d’une opération épineuse. En outre, je craignais l’appréciation du Lord, car, en vérité, qui ne la craignait pas ? Un seul faux pas pouvait faire dégringoler le mécanisme mis en place, et je n’avais aucune envie d’être la risée du groupe, ni de devoir répondre de mes erreurs auprès du Seigneur des ténèbres.

Je mis pied à terre dans cette immense allée, jadis animée comme jamais, mais qui, dernièrement, était désertée de ces fréquents tumultes provoqués par des sorciers en pleine effervescence au vu de la boutique poussiéreuse d’Ollivander. Autant dire que la guerre avait appauvri le Chemin de Traverse de ses mouvances colorées. Je plissai légèrement les yeux. A cet instant, l’atmosphère me semblait morne et grise à l’instar du ciel d’un hiver glacial. Je laissai mes jambes me guider naturellement à ce pourquoi nous étions ici. La devanture neuve de la boutique de draperie s’imposa dans mon esprit, à mesure que je gravissais les quelques marches me séparant du cliquetis de l’entrée. Mes camarades, eux, m’emboitaient promptement le pas.

- Robert Knight, annonçai-je en pénétrant sinueusement dans la pièce, trop étroite pour abriter l’intégralité de mes suiveurs. Si ma mémoire ne me fait pas défaut, vous êtes le gérant de cette boutique. On nous a signalé que vous employez des nés-Moldus. Où se trouvent-ils ?
- Tuons-le ! On sait tous qu’il a des secrets, c'est un sale traître, ça se voit à sa tête ratatinée de troll ! aboya une des Mangemorts, par dessus mon épaule.
- Retournez d’où vous venez, monstres !

L’homme qui nous faisait face n’avait pas l’air d’être résolu à nous indiquer quoi que ce soit. Je reposai ma question avec l’espoir que cette fois-ci, il daignera satisfaire ma requête. Mais, ce dernier demeura interdit, ses yeux étant les seuls témoignages de sa haine grandissante. Tels deux flambeaux dans l’obscurité, ils dégageaient une force de caractère digne des Aurors les plus célèbres.

- A mort les Sang-de-Bourbe !

Une bouffée d'insultes fusa. Tous mes camarades Mangemorts vociféraient des pensées impures qui mutaient en sortilèges. Un "Incendio" dans ce coin-ci, un autre dans celui-là. La boutique prit rapidement feu, se changeant en brasier infernal qu'il fallait quitter au plus vite si l'on ne voulait pas se faire happer par les flammes et crever dans la minute qui suivait. Robert Knight reposait sur le sol alors que sa boutique s'embrasait. Un des hommes cagoulés de noir l'avait frappé, un autre avait brisé sa baguette, et il avait été donc dans l'incapacité de se battre. Pauvre homme... Il aurait pu être épargné s'il n'avait pas été aussi vantard et ridiculement héroïque.


Janvier 1982, Londres, Ministère de la Magie.

- Il va falloir faire mieux que ça si tu veux être libre à nouveau, Henley.
- Je n’en sais pas plus.
- Quinze ans. Quinze années de ta p*tain de vie dans cette organisation ! Tu as dû en voir, des têtes passées, hein ? Donne-nous des noms, b*rdel, n’importe lesquels !

Je le toisai du regard, maintenant blasé et silencieux. Ce vieux mec du Ministère faisait les cent pas devant moi, se rongeant les ongles par mégarde. Je devinai sa frustration. Ne pas réussir à arracher à un Mangemort ces nombreux méfaits. Ne pas réussir à obtenir de lui des anecdotes croustillantes sur ce groupuscule qu’était l’armée de Voldemort. Son froncement de sourcils était justifié.

- Bon séjour à Azkaban, souffla-t-il avant de se détourner de ma personne.
- Mary Lockwood, m’exclamai-je dans la foulée alors que j’angoissais de le voir partir.
- Comment ?
- Mary Lockwood. C’était une sang-mêlée elle aussi, et l’une des responsables de l’incendie de janvier 1974. Elle m’accompagnait.

Il revint dans ma direction avec un entrain spécial. Il avait manifestement recouvré sa motivation légendaire, qui éveillait tous ses sens en alerte.

- Tu as la moindre idée de l’endroit où elle aurait pu s’enfuir ?
- Non.
- Okay… Voilà qui nous avance beaucoup ! ironisa-t-il.
- J’ai le droit à une période de sursis, alors ?

Je le vis se rembrunir.

- Tu n’iras pas à Azkaban. Pas encore. Je t’ai fait marcher tout à l’heure. On a décidé que tu seras placé sous liberté conditionnelle, surveillé jour et nuit. Même si tes déplacements se trouveront limités, l’avantage est que tu pourras flemmarder dans ton hamac "en paix" et que tu n’auras pas à affronter les horribles Détraqueurs. Mais, il y a un mais à tout, à une condition. En échange, tu devras nous fournir des noms, des informations, tout ce qui te semblera utile à savoir sur tes anciens partenaires de jeu. Tu vas peut-être te penser tranquille et pépère, mais je t’explique, tu ne seras jamais tranquille et pépère. On sera toujours derrière ton dos pour observer tes moindres faits et gestes. Et si tu as le malheur de commettre un impair, si tes agissements nous semblent trop suspects, on se fera un plaisir de t’envoyer au trou ! Surtout, te crois pas privilégié ou doté d’un quelconque moyen de persuasion infaillible parce que c’est pas le cas ! C'que t’as fais te lâchera jamais, Henley. T’es un criminel, tu seras toujours un criminel, c’est tout. Et, tu payeras pour tes crimes en temps voulu. Ne l'oublie pas.

Comment le pourrais-je jamais un jour ? Quinze années de ma vie jetées par la fenêtre pour une cause perdue. Quinze années de ma vie à faire souffrir une famille qui n'avait pourtant cherché qu'à me trouver, à salir mon nom et mon honneur. J'avais pourchassé et détesté des personnes alors que la seul personne que je détestais, c'était mon propre reflet dans la glace. Un reflet trouble et confus, qui s'agitait pour qu'on le laisse enfin s'exprimer. Je vais vivre avec cette culpabilité, et peut-être n'est-ce pas une mauvaise chose au fond ? Cela me rappellera ce qu'il me reste à entreprendre pour me racheter un minimum. Les gens me voient comme un ermite ivrogne, à se bidonner sur son hamac, une bouteille d'alcool à la main, mais la plupart ignore à quel point je lutte contre l'attrait du mal. Je me sens si vulnérable lorsque j'entends ses murmures intrusifs gober mes rêves, si vulnérable lorsque je détaille mon parcours et me rend compte de ma solitude. J'ai tourné le dos aux Mangemorts. La peur de mourir qui m'avait pris aux entrailles des suites de l'annonce de la mort de notre maître, m'avait poussé à fuir loin de toute cette m*rde sans nom. Par chance pour eux, j'avais été intercepté. Par chance pour moi, j'avais réussi à atténuer la sentence en sauvant l'un des Aurors que j'aurai du tuer à l'origine.

Que penser du fait que je suis le gentil chien du Ministère ? Que je dois leur lécher les bottes, sous peine d'emprisonnement ? Et, tout ça, sans jamais acquérir une place dans leur camp ? Yeah. Vous saisissez maintenant les raisons de ma neutralité... Je suis le petit sorcier jeté sur le sentier de la vie, qui erre en ne sachant où aller, qui foule le sol des pieds, qui vagabonde et se cramponne à une terre inhospitalière, une terre qui ne veut pas de lui.




Derrière l'écran

Bonjour, je m'appelle Barbara , j'ai 18 printemps , j'habite en région parisienne  et je suis une jeune femme . J'ai découvert le forum en fouinant sur la toile comme la fouine que je suis . Sinon, j'aimerai ajouter que Stan is a "Traitor !"
Spoiler:
 
Oh, une dernière chose validé par Tula ♥


© episkey - yellowtardis



Dernière édition par Stanislas D. Henley le Mar 24 Mai - 18:13, édité 14 fois
Revenir en haut Aller en bas

avatar

Voir le profil de l'utilisateur

MessageSujet: Re: I didn't choose the hobo life, the hobo life chose me | SDH (Sans Domicile Harmonieux)   Sam 23 Avr - 9:57

Bienvenu !
C'est un personnage plein de piquant que nous avons là !
Amuse-toi bien ici avec nous !

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Voir le profil de l'utilisateur

MessageSujet: Re: I didn't choose the hobo life, the hobo life chose me | SDH (Sans Domicile Harmonieux)   Sam 23 Avr - 9:58

Wouhouu un package *-*
J'aime bien ce petit Stanislas !

Bienvenue et bon courage pour la suite de ta fiche ♥️

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Voir le profil de l'utilisateur

MessageSujet: Re: I didn't choose the hobo life, the hobo life chose me | SDH (Sans Domicile Harmonieux)   Sam 23 Avr - 11:45

OH MON DIEU CHRISTIAN BALE HOMME DE MA VIE
bienvenu ici beau mangemort SDH (vient donc faire un tour chez les Parkinson maman fait une super tarte à la citrouille 8D)
bref ... n'hésite pas à faire signe si tu as la moindre question surtout ♥️

ps : il y a du avoir un soucis lorsque tu as copié/collé le code, ou bien dans ta signature car le forum est déformé, alors jette un petit coup d’œil pour arranger ça merciiiii ;D

_________________
You're gonna be alright now
downtown ⊹ Don't hang around and let your problems surround you There are movie shows downtown Maybe you know some little places to go to Where they never close downtown (by anaëlle)

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Voir le profil de l'utilisateur

MessageSujet: Re: I didn't choose the hobo life, the hobo life chose me | SDH (Sans Domicile Harmonieux)   Sam 23 Avr - 12:20

BATMAAAAAAN
Quel choix merveilleux tu fais, et en plus ton personnage donne bien envie d'en découvrir plus !
Bienvenue par ici petit panda. ♥️

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Voir le profil de l'utilisateur

MessageSujet: Re: I didn't choose the hobo life, the hobo life chose me | SDH (Sans Domicile Harmonieux)   Sam 23 Avr - 14:41

Christian Bale barbu. Bienvenue ici

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Voir le profil de l'utilisateur

MessageSujet: Re: I didn't choose the hobo life, the hobo life chose me | SDH (Sans Domicile Harmonieux)   Sam 23 Avr - 16:08

Je peux enfin t'accueillir comme il se doit !  

OMG cette fiche (il faut dire que je l'ai TELLEMENT attendu ). Je ne vais vraiment pas pouvoir la lire jusqu'au bout à ce rythme, chaque détail me fait mourir de rire xD

Allez, bon courage pour la suite de ta fiche

Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: I didn't choose the hobo life, the hobo life chose me | SDH (Sans Domicile Harmonieux)   


Revenir en haut Aller en bas
 

I didn't choose the hobo life, the hobo life chose me | SDH (Sans Domicile Harmonieux)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» — bring me to life
» Life in UCLA
» 06. My life would suck without you (part II)
» 01. life is beautiful ? …Maybe ! Pv. Finn
» "Life is a ticket to the greatest show on earth."

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
episkey  :: Le début de l'aventure :: Choixpeau-